<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss'><id>tag:blogger.com,1999:blog-4555997750878889113</id><updated>2009-11-07T19:03:37.202-08:00</updated><title type='text'>Thomas est tout seul.</title><subtitle type='html'>Expérience interactive de création littéraire. Roman plus ou moins participatif. Jeu de déplacement des limites entre réel et virtuel. Le roman en train de se faire.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Céline Raux</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15439151317419299267</uri><email>noreply@blogger.com</email></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>15</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>25</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4555997750878889113.post-5373423516626950435</id><published>2008-10-01T02:36:00.000-07:00</published><updated>2008-10-04T06:36:57.470-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='- THOMAS JOUR 12 -'/><title type='text'>- THOMAS JOUR 12 -</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Contractions.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je regardais tomber la pluie et le fond de l'air était frais.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;A en croire les propos de Marcel &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;Ruffo&lt;/span&gt; entendus dans &lt;em&gt;Santé Magazine, &lt;/em&gt;je devenais apathique. C'est à dire que j'étais en carence de l'espoir et que je &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;souffrais&lt;/span&gt; d'une paralysie de la solution. En réalité, je ne &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;souffrais&lt;/span&gt; pas vraiment puisque l'apathie est &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;précisément&lt;/span&gt; l'état de celui qui ne ressent &lt;em&gt;rien&lt;/em&gt;, ne souffre &lt;em&gt;pas&lt;/em&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Or, comme je &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;souffrai&lt;/span&gt; quand même bien un petit peu de temps en temps, je devais en conclure que je n'étais pas encore apathique ou du moins que je n'étais pas encore un apathique &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;irréversible&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je me tenais entre les murs, lointain observateur d'un monde que je ne comprenais pas. Peut être que vouloir donner du sens à ce qui n'en a pas confère la plus cruelle des illusions. J'avais la même vie que tout un tas de gens ordinaires évoluant dans un quotidien tout aussi ordinaire. Mais j'avais une manière bien différente de vivre cette vie là. Là où certains parvenaient à &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;accéder&lt;/span&gt; au bonheur, à des joies ou aux plaisirs du corps, moi je ne faisais que rater l'évènement pour aussitôt me replonger dans une &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;non-histoire&lt;/span&gt;, laquelle &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;non-histoire&lt;/span&gt;, était la &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;non-aventure&lt;/span&gt; de mon existence (ou plutôt "&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;inistence&lt;/span&gt;" puisque je ne sortais jamais de moi-même). &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;Reclus&lt;/span&gt;, en proie à l'ennui, doté de faibles capacités de résilience, je réalisai pourtant l'évidence : je n'avais jamais rien fait que passer le temps. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je devais aussi apprendre à mes dépends qu'on ne s'approche pas impunément des autres. Car ce n'est pas à travers eux que l'on apprend à savoir qui l'on est. A force de penser l'altérité, j'avais malencontreusement &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;déconstruit&lt;/span&gt; ma subjectivité. Et devant tout ce chantier, la question restait posée : que faire ? A force de d'avoir &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;désespérément&lt;/span&gt; cherché à obtenir la &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;dénucléation&lt;/span&gt; de l’essence la plus intime de ma subjectivité, je ne faisais que précipiter davantage l'explosion de ma structure intérieure. Au contact d'autrui, m'était apparu ma fragilité, ma fissure. Cette fissure par laquelle s'engouffrait un vide grossissant, un trou noir. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;La progression subtile de ce phénomène étant que je devais bientôt exploser de tout mon être et que d'une manière ou d'une autre, les choses, pour moi, aller changer.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4555997750878889113-5373423516626950435?l=thomas-est-tout-seul.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/feeds/5373423516626950435/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=4555997750878889113&amp;postID=5373423516626950435' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/5373423516626950435'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/5373423516626950435'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/2008/10/thomas-jour-12.html' title='- THOMAS JOUR 12 -'/><author><name>Céline Raux</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15439151317419299267</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06175259178227871024'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4555997750878889113.post-4777478338204306751</id><published>2008-07-24T08:13:00.000-07:00</published><updated>2008-07-24T08:20:56.537-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='THOMAS - JOUR 12 -'/><title type='text'>THOMAS - JOUR 12 -</title><content type='html'>&lt;div  style="text-align: justify;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le temps suspendu. Inertie. La monade solitaire.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Mes voisins emmènagèrent en silence et ne devaient pas encore interférer, de quelque manière que ce soit, sur la monade solitaire que j'étais. Je ne les voyais pour ainsi dire jamais, hormis à deux ou trois reprises lorsque l'un des crânes d'oeufs indifférenciés devait réceptionner sur le trottoir d'en face des caisses de matériel pour le moins suspectes.&lt;br /&gt;    A part cela, tout était calme.&lt;br /&gt;    Trop calme.&lt;br /&gt;    D'une angoissante quiétude.&lt;br /&gt;    Même Hérvé semblait avoir disparu. Ses visites navrantes et inopportunes avaient cessé et l'appartement dans lequel je demeurai terré semblait s'être mu en une bulle lisse et invisible autour de laquelle glissaient tous les mouvements du monde sans que jamais ils ne m'atteignent. Et la courbe du temps elle-même m'aspirait dans un effroyable ennui doublé de maux de ventre sourds.&lt;br /&gt;    Mes recherches relatives au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Grand Hominarium&lt;/span&gt; ne donnaient plus rien. En réalité, je flairai un échec latent que je croyais contourner par une baisse de ma motivation. Comme si l'illusion de me détourner de la fin que je m'étais fixée me protégeait de la réalité affligeante de cet échec auquel devait aboutir cette entreprise sans fin. J'étais Sisyphe en prise avec l'absurde et il me fallait croire qu'en me désintéressant de cet absurde il n'aurait plus d'empire sur moi. Ce qui devrait bien sûr s'avérer complètement faux et illusoire.&lt;br /&gt;    Une fine pellicule de poussière recouvrait maintenant mes fiches disposées en piles périlleuses sur mon bureau. Bon nombre d'entre elles devraient d'ailleurs rester vierge. Et défaire les paquets neufs de bristols ne provoquaient plus chez moi cette étrange exaltation. L'échec auquel je n'avais pourtant pas encore abouti m'apparaissait pourtant gros comme une maison et je savais que mon &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Grand Hominarium &lt;/span&gt;ne m'apporterait jamais de réponses à quoi que ce soit, que ce travail vain et infini n'avait pas les moyens de sa politique et que par conséquent, il ne ferait jamais sens. Et mon combat mental contre l’absurde serait une histoire sans fin à défaut d’être perdu d’avance.&lt;br /&gt;    Assis chez moi à me gratter le nombril, je ne faisais plus rien du tout. Le doute m’étouffait dans sa matière lourde et épaisse. Une vérité pourtant devenait évidente : alors que je croyais m'ouvrir aux autres, je m'isolais un peu plus chaque jour et je n'étais désormais plus rien qu'un petit point d'angoisse inconséquent perdu dans une grande ville indifférente.&lt;br /&gt;  Selon toute vraisemblance, et après une étude scrupuleuse de mon cas, je formulais l'hypothèse selon laquelle je déprimais gravement.&lt;br /&gt;    Le mot était donc lancé : dépression.&lt;br /&gt;    Cela pouvait avoir un certain charme, une certaine jouissance de la tristesse qui creuserait les contours de la vie à l'eau-forte, une tristesse à soi, existentielle et fine, aussi précieuse, en définitive, qu'un bonheur à soi. La dépression n'était pas sans évoquer la fougue désabusée et torturée d'un romantisme complaisant.&lt;br /&gt;    Mais je n'en étais pas là. Car je me sentais indigne de ma dépression et il était patent que je n'en tirerai rien de bon. Aussi, l'artiste maudit que je ne serai jamais  -car mort-né dans la candeur placide de ma venue au monde- contenait toutes les promesses d'élévation et de grâce que je n'avais jamais pu tenir et que je voyais se dissoudre dans un horizon aussi lointain qu’inaccessible.&lt;br /&gt;    Plus rien n'allait. Arthur tournait en rond dans son bocal et je me sentais encore moins d'existence que lui.&lt;br /&gt;    Il y a d'abord eu ce cheveux blanc, puis l'écho silencieux de la solitude que même Hervé ne venait plus rompre. Il y a eu ensuite cette douleur originelle au nombril. Et le temps me transperçait sans que je parvienne à jouir des possibilités que m'offrait l'espace dans un monde en mouvement.&lt;br /&gt;    Le temps et le mouvement ne coïncidaient plus pour moi. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, j'étais l'incarnation vieillissante de l'inertie, une fausse-monnaie en stagflation. Et la banque mondiale ne voulait pas revoir à la baisse ses taux d’intérêt.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4555997750878889113-4777478338204306751?l=thomas-est-tout-seul.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/feeds/4777478338204306751/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=4555997750878889113&amp;postID=4777478338204306751' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/4777478338204306751'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/4777478338204306751'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/2008/07/thomas-jour-12.html' title='THOMAS - JOUR 12 -'/><author><name>Céline Raux</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15439151317419299267</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06175259178227871024'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4555997750878889113.post-2930623142828609358</id><published>2008-06-24T14:56:00.000-07:00</published><updated>2008-06-24T15:03:47.303-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='THOMAS - JOUR 11 -'/><title type='text'>THOMAS -JOUR 11-</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Kraftwerks. Copie blanche.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Le lendemain ne devait pas être une journée ordinaire. Après avoir passé plusieurs heures à me gratter le nombril, je me levai.&lt;br /&gt;    Morne, flasque et mou avec le jour de Venise de mon oreiller imprimé en bas-relief neo-classique sur ma joue gauche.&lt;br /&gt;    A peine mon pied venait-il de toucher le sol que je me sentai déjà minable.&lt;br /&gt;    Je me récitai pour moi-même la plus belle phrase du monde : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Le fond de l'air est frais"&lt;/span&gt; dans l'espoir vain et infondé qu'un peu de poésie me fît sombrer dans l'illusion d'un monde meilleur.&lt;br /&gt;    En vain.&lt;br /&gt;    Je demeurais perplexe. &lt;br /&gt;   Je me surpris pourtant à mener une réflexion inquiète sur la nature de ce fameux "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;fond&lt;/span&gt;" que l'on attribue à l'air en me disant que si même l'air avait un fond - est donc une limite - on réduisait déjà pas mal la dose de contingence dans le monde ce qui me procura un petit réconfort. Non que je sois en faveur d'un déterminisme total et absolu, cela s'en faut , mais j'aime autant mieux avoir des raisons de penser que tout ce gloubi-boulga qui frétille depuis le Big Bang, ça n'est quand même pas du grand guignol. Bref, si l'on pouvait éviter le Grand N'importe Quoi, je suis preneur.&lt;br /&gt;    Selon toute vraisemblance, le temps s'annonçait beau. Et déjà je m'alarmait de la platitude mes considérations atmosphériques.&lt;br /&gt;N'empêche que les grues jaunes du chantier d'en face détachaient avec éclat leurs somptueuses strucutres d'acier du ciel bleu et que je me livrais toujours avec délectation à la contemplation de ce spectacle urbain.&lt;br /&gt;    Je soupirai finalement et m'arrachai une petite croûte qui s'était formée autour de mon nombril érubescent. Un peu de pus en profita pour se faire la belle. Ce spectacle me procura bizarrement une autre forme de délectation. Et le monde s'arrêta un instant autour de mon ombilic, preuve patente d'un lien originellement rompu, avec quoi, je ne saurais trop le dire.&lt;br /&gt;Quoiqu'il en soit, cette petite cicatrice d'habitude si sage et si tranquille me grattait atrocement. Je ne sais pourquoi j'étais en proie à ce type de démangeaisons depuis plusieurs jours déjà.&lt;br /&gt;    Alors que j'étais en train de tamponner le pus de mon nombril avec un Kleenex, un vacarme digne des Tambours du Bronx résonna dans l'escalier.&lt;br /&gt;    Un camion de déménagement stationnait sous ma fênetre.&lt;br /&gt;    Selon toute probabilité, j'allai avoir de nouveaux voisins.&lt;br /&gt;    Une petite bulle de curiosité mêlée à de l'apréhension gonfla et monta légèrement en moi. Puis cette petite bulle éclata pour finalement laisser place à un étonnement d'un volume nettement supérieur.&lt;br /&gt;    Quatre grands crânes d'œuf athlétiques et altiers sortirent du camion. Tous portaient d'étrange combinaisons noires en matière synthétique qui n'étaient pas sans rappeler les combinaisons en peau de requin dont se parent les nageurs olympiques de l'ère post-moderne. Les mêmes lunettes de soleil en polycarbonate leur barraient le visage. Ils m'évoquaient tour à tour les androïdes de mon enfance ou quelques figures sorties tout droit d'un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;comics&lt;/span&gt; de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Marvel&lt;/span&gt;. Leur insolite dégaine les plaçait quelque part entre Spiderman et le Surfeur d'Argent, la planche en moins. Mais je devais songer qu' ils pouvaient tout aussi bien être quelques extraterrestres, membres d'une secte ou d'une organisation occulte qui ayant eu vent de mes travaux sur l'espèce humaine chercherait par tous les moyens à mettre la main dessus afin de déjouer un complot d'ampleur international à ce point comprommettant que, de par leurs fonctions, ils se verraient conduits à la nécessité de me faire la peau et de jeter mon coprs dans l'acide pour qu'aucune trace ne subsiste.&lt;br /&gt;    Mon nombril s'affola et je renversai la moitié de la Béthadine par terre.&lt;br /&gt;    Avec précaution, j'observai vaillamment.&lt;br /&gt;    Les crânes d'oeufs accordaient leurs gestes et leurs déplacements avec précision et d'une rigueur à ce point mécanique que je doutai un instant de leurs origines terrestres. L'analogie avec une vitrine d'horlogerie suisse me traversa la tête mais aucun coucou ne leur sortait de la bouche.&lt;br /&gt;    Sur leur camion de dé&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;ménagement, on pouvait lire en grosse lettre cette indication tout à fait hermétique :&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Kling Klang Record - Kraftwerk.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;    Ce qu'il nous faudra plus tard considérer comme un évènement d'importance majeure venait tout juste de se produire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4555997750878889113-2930623142828609358?l=thomas-est-tout-seul.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/feeds/2930623142828609358/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=4555997750878889113&amp;postID=2930623142828609358' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/2930623142828609358'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/2930623142828609358'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/2008/06/thomas-jour-11.html' title='THOMAS -JOUR 11-'/><author><name>Céline Raux</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15439151317419299267</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06175259178227871024'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4555997750878889113.post-1309384680152305999</id><published>2008-05-11T13:29:00.000-07:00</published><updated>2008-05-11T13:31:58.432-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bonus : la petite dissertation de Thomas'/><title type='text'>LE MONDE A-T-IL BESOIN DE MOI ?</title><content type='html'>&lt;p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.4pt; font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;LE MONDE A T IL BESOIN DE MOI ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.4pt; font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoBodyText" style="text-indent: 35.4pt; font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;L’individu ne peut exister que s’il évolue dans un monde qui seul peut lui signifier son existence. L’homme prend parfois l’apparence d’une pièce de puzzle : abstrait et inutile lorsqu’on le prend isolement, rempli de sens et de raisons d’être lorsque toutes les autres pièces du jeu s’accordent pour lui faire corps. L’homme hors du monde est une pièce de puzzle hors de sa boîte, c’est à dire un non –sens &lt;i&gt;a priori.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Mais que se passe-t-il s’il n’existe pas de puzzle mais seulement une accumulation arbitraire de pièces sans rapports les unes autres parce que découpées au hasard ? Autrement dit, que se passe-t-il si le monde n’existe pas au-delà de moi ? La réponse est que je m’en fais un mien, que je force sur les autres pièces du puzzle pour les contraindre au mieux de faire corps avec moi et que je me bats pour triompher de l’absurde et me faire prouver mon existence et le sens de celle-ci. Que le monde transcende mon moi et l’on peut dire ceci : il s’approprie mon existence à mon insu pour alimenter la sienne. Que mon &lt;i&gt;je &lt;/i&gt;transcende le monde et l’on peut dire ceci : je m’approprie un monde pour combattre l’absurdité par l’affirmation de mon existence, alors seulement je peux dire &lt;i&gt;moi.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Mais laquelle de ces conceptions est la bonne ou du moins la meilleure, cela reste une question cruciale qui sans forcement trouver de réponses met en exergue le problème récurrent de la relation du &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; avec le monde. Car, s’il est évident qu’un monde est le seul univers de contradiction qui peut affirmer l’existence de mon &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; et que donc, j’ai besoin du monde cela ne me dit pas si le monde, lui, à besoin de &lt;i&gt;moi. &lt;/i&gt;Ainsi, que suis-je pour le monde ? Un accident, un imprévu, une occasion ? ou bien le maillon d’une chaîne, une pièce du puzzle ou même, pourquoi pas, son barycentre ? Le monde ne dépend-t-il que de la conception que je m’en fais où est-ce qu’il me dépasse et me conçoit lui-même ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;La question est vaste, obsédante dès qu’elle se pose et peut-être sans réponse. D’où l’angoisse de l’individu qui se tourmente sur le sens de son existence et qui effrite ses anciennes certitudes. La question n’est plus « qui suis-je ? » mais que représente mon moi dans ce tout, dans cette globalité enveloppante qu’est le monde.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Ainsi, pour tenter de tracer l’ébauche d’une réponse à cette problématique, il est nécessaire de d’abord s’interroger sur le concept de monde et du &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; en tant qu’être-dans-le-monde. Puis dans un second temps, il s’agit de voir quel rôle le &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; peut-il espérer remplir dans le monde avant de s’interroger sur l’angoissante hypothèse de ma superficialité au monde.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;*&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style=""&gt;           &lt;/span&gt;Etant donné qu’il n’y aurait pas de sens à vouloir étudier la relation du monde au &lt;i&gt;moi &lt;/i&gt;sans savoir ce que recoupent les deux termes, il faut étudier les concepts.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;D’abord, pour ce qui est du monde, précisons ce qu’il n’est pas, et ce avec quoi on est parfois susceptible de le confondre. Le monde, ce n’est pas l’univers car l’univers est infini, abstrait car impossible à se figurer, alors que le monde est plutôt fini et perceptible par l’Homme (comme l’ont montré Descartes, Kant et Leibniz). Le monde n’est pas non plus un « milieu » car il est autre chose qu’un espace donné dans lequel sont placés des corps, il doit être un horizon de sens pour la conscience. Bien entendu, il ne s’agit pas ici d’envisager le monde selon un sens physique ou planétaire car en l’occurrence, la question que l’on se pose n’a pour ainsi dire pas de rapport avec une science empirique. Il faut comprendre le monde tel que l’individu le perçoit au quotidien, c’est à dire dans un certain mode de relations aux choses et à autrui. L’homme vit &lt;i&gt;sur&lt;/i&gt; terre mais existe &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; le monde. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;De là l’idée d’un &lt;i&gt;être-au-monde &lt;/i&gt;qui marque le refus de séparer le monde intérieur du monde extérieur et qui souligne le fait que le monde en général est d’abord cette structure de sens visée par l’homme comme horizon de son action, de ses projets avant d’être un objet de connaissance. Pour &lt;st1:personname productid="la Phénoménologie" st="on"&gt;la Phénoménologie&lt;/st1:PersonName&gt;, l’homme n’est pas &lt;i&gt;face&lt;/i&gt; au monde ; il est &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; le monde -cependant, cette proposition peut s’avérer par la suite inexacte voire contestable (nous verrons pourquoi dans la troisième partie). On peut alors concevoir le monde comme la somme des objets d’une expérience possible pour un sujet conscient, capable de perception, d’affectivité et de connaissance rationnelle quand bien même il est immergé dans ce monde – c’est ainsi que l’entendent la phénoménologie et l’existentialisme avec l’homme comme présent au monde. C’est donc bien cette conception qui nous intéresse ici : le monde comme une structure de sens perçue par l’homme qui y mesure son existence.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;La deuxième question à se poser porte sur le &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt;. Qu’est-ce que le&lt;i&gt; moi &lt;/i&gt;? Le moi ne recouvre pas une réalité aisément identifiable car il ne renvoie ni à une donnée palpable, ni à une abstraction. En effet, il n’y a pas&lt;i&gt; un&lt;/i&gt; moi ou &lt;i&gt;des&lt;/i&gt; moi mais seulement &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; qui suis unique en même temps qu’insaisissable. Lorsque Descartes dit : « Je pense donc je suis » son je s’exprime isolément du monde n’évoquant que la certitude de la conscience de son être. En revanche, lorsque je dis &lt;i&gt;moi, &lt;/i&gt;j’affirme mon &lt;i&gt;je&lt;/i&gt; au-delà des autres et je sous-entends qu’il y a aussi un &lt;i&gt;toi&lt;/i&gt;, un &lt;i&gt;lui&lt;/i&gt;, un &lt;i&gt;nous &lt;/i&gt;ou un &lt;i&gt;eux&lt;/i&gt;. Le &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; est un &lt;i&gt;je&lt;/i&gt; qui s’est ouvert au monde, à autrui ou du moins qui en a pris conscience. Mais le moi ne s’identifie pas au monde au point de se fondre avec lui. Quand ce moi dit « je veux » il ne dit pas « nous voulons » et pourtant il fait partie du monde, si bien que le moi apparaît souvent comme un solitaire très entouré.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;Dans la théorie freudienne, le &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; est « une fraction du ça » qui a dû se modifier sous l’influence du monde extérieur. Privilégiant le principe de réalité par rapport au principe de plaisir, le&lt;i&gt; moi &lt;/i&gt;remplit essentiellement une fonction de médiateur en s’efforçant de concilier les intérêts contradictoires du ça et du sur-moi, tout en tenant compte du monde extérieur. Parce que le &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; doit constamment négocier entre ma vraie nature et le monde, il apparaît quelque peu inadapté au monde et son adaptation (lorsqu’elle réussit) est forcée par les contingences extérieures comme l’éducation ou la pression sociale qui se joue sur l’altérité.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;Ainsi, le moi est une individualité qui affirme sa personnalité en excluant les autres de la représentation qu’elle se fait d’elle-même au sein de cet horizon de sens et d’altérité qu’est le monde.&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Maintenant que les concepts ont été éclaircis, il s’agit de voir quel rôle le moi peut-il espérer remplir dans le monde dans l’hypothèse où le monde aurait effectivement besoin de moi.&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;En quoi est-il permis de supposer que l’absence de moi constitue un manque pour le monde ? Si l’on considère le monde indépendamment de la représentation qu’un &lt;i&gt;moi &lt;/i&gt;s’en fait,&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;la première hypothèse est aussi la plus évidente : le concept de monde n’a pas de sens si on lui soustrait le nombre de personnalités qui le compose, de même que la boîte du puzzle est vide de sens lorsqu’on la vide de ses pièces où que la boîte à outil n’existe que par les outils qu’elle comporte. En effet, le monde n’existe pas s’il n’y a personne pour le concevoir. Le monde a donc besoin d’une multitude de différents &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; pour s’appeler monde mais quel besoin pourrait-il en avoir d’un seul en particulier, c’est là le mystère. Le monde a besoin du concept mais peut être pas de sa réalisation effective individuelle en une seule conscience ou personnalité. Ici, le moi ne doit donc pas être assimilé ou confondue avec une personnalité. De même que l’océan se constitue d’eau mais qu’il n’en demeure pas moins océan si on en retire une goutte et de même que la plage demeure plage si on lui retire un grain de sable. Mais il n’en va pas de même pour le puzzle. En effet, même si le puzzle comporte des millions de pièces, l’absence d’une seule le rend inexorablement imparfait. Or le but du puzzle est justement la perfection de son assemblage, la cohérence de ses imbrications et la finalité de ce qu’il était initialement censé représenter (un puzzle de la tour Eiffel n’est conçu pour rien d’autre que la représentation finale de cette tour Eiffel) et voilà pourquoi le monde tient plus de l’océan que du puzzle : parce qu’il ne s’oriente vers aucune finalité apparente et qu’il est nécessairement imparfait. De fait, le moi n’est qu’une occasion pour le monde, un instant, quelque chose d’éphémère et d’interchangeable, peut être un hasard bien que la réalisation de son concept est nécessaire au monde.&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;D’autre part, il est possible de concevoir le monde autrement que comme une entité qui me transcende, à laquelle j’appartiens malgré moi. On peut en effet concevoir le moi comme unique créateur du monde qu’il s’est fait. Dans ce cas, le monde correspond à la perception que le moi s’en fait, à une représentation. C’est à dire que le monde n’est rien d’autre que ce qu’il est pour moi, et qu’ainsi ce monde est une conception unique appartenant à celui qui la crée pour lui-même. Le monde correspond alors à la vision qu’a le &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; du monde, et il est impossible de retrouver cette vision à l’identique chez deux &lt;i&gt;moi &lt;/i&gt;différents. &lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;Or s’il le monde ne correspond qu’à une perception relative à chaque &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt;, il est logique que le monde ainsi perçu et conçu par ce moi ne peut exister sans lui. Ce qui prouve que dans ce cas bien précis, et si l’on s’accorde pour affirmer que le monde ne me transcende pas mais que, au contraire, il est issu de moi, alors ce monde ne peut se passer de moi. C’est un monde subjectif, peut être le seul qui existe, qui est impensable sans moi, le moi défini est son unique condition d’existence.&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;Nous avons donc essayé d’établir les conditions dans lesquelles le monde a effectivement besoin de moi pour exister. Dans le premier cas, le moi est un sujet indispensable du monde qui le transcende mais ce moi-là n’a aucune prétention à la subjectivité puisque le monde le considère pareil à ses semblables. Dans le second cas, c’est le moi qui transcende le monde et qui le fait exister par la représentation qu’il s’en fait. Essayons de voir maintenant dans quels cas envisageables le monde apparaît plus comme une mise à l’épreuve de la subjectivité et comment est-ce qu’il peut faire prendre conscience au moi de son insignifiance, de la médiocrité de sa condition et peut être parfois lui donner le sentiment de sa superficialité (ou inanité).&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;L’une des raisons majeures qui peuvent conduire à penser que le monde n’a pas besoin de moi est qu’il apparaît souvent comme un système habile à pratiquer le rejet.&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;Le &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; ne peut jamais réellement se fondre dans le monde, sa subjectivité participe à son objectivité sans que les deux ne s’interpénètrent vraiment au point de faire corps, de faire qu’un. Le monde n’est pas un : c’est une somme de subjectivité + un concept objectif. Le problème du moi est qu’il est incapable de se révéler complètement au monde autrement que dans la folie au tel cas, le monde le rejette parce qu’il n’aime pas les fous. Le passage à l’affirmation totale d’un &lt;i&gt;soi &lt;/i&gt;est une souffrance. Le &lt;i&gt;moi &lt;/i&gt;est condamné, pour subsister dans le monde, à de perpétuelles et fatigantes concessions entre son ça (freudien) le plus profond et le monde extérieur, d’où un continuel déchirement et la souffrance du moi qui se force à imposer sa place dans le monde sans jamais parvenir vraiment à s’y adapter. C’est le cas de toutes les pièces de puzzle écornées et souffrant d’une quelconque imperfection, mais peut-on trouver un seul moi parfait en ce sens qu’il s’intègre tout naturellement dans le monde ?&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Sûrement pas. Le moi souffre de son hétéronomie au monde, c’est inscrit dans sa nature et lorsqu’il n’arrive pas à surmonter cette souffrance et cette inadaptation, le moi mesure la somme d’incompréhension qu’il y a entre lui et le monde, et c’est l’angoisse. L’angoisse du moi qui réalise que l’objectivité du monde à laquelle il participe n’est en fait qu’une somme d’imperfection et de subjectivités dissemblables qui ne parviennent jamais à l’harmonie et à une sereine homogénéité. L’unicité du monde se comprend dans l’hétéronomie des &lt;i&gt;moi &lt;/i&gt;et souvent, le &lt;i&gt;moi &lt;/i&gt;désespère car il souffre de cette hétéronomie en même temps qu’il ressent la douleur qu’il y a à s’assumer comme un être parfaitement autonome incapable d’évoluer parmi les autres autrement qu’en se barricadant dans son monde intérieur qu’il lui sert de refuge. D’où une dissonance récurrente entre le monde et moi, lequel essaie constamment de compenser son mal-être en acceptant d’interminables concessions avec l’autre (cf., théories sur la dissonance cognitive en psychologie).&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;Le monde m’impose l’altérité. Elle est heureuse lorsque j’y participe, douloureuse et destructrice si le &lt;i&gt;moi &lt;/i&gt;voit les autres s’émanciper sans lui. C’est toujours l’autre qui impose sa loi et qui décide pour moi de mon isolement ou de mon intégration. C’est l’autre qui décide de mon utilité au puzzle ou qui pose la pièce au rebut. Le &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; ne dépend que du bon vouloir du monde dans lequel il s’est échoué, il doit s’imposer au monde s’il veut exister, autrement le monde le fait sombrer dans l’oubli lui rappelant par-là son insignifiance et son interchangeabilité.&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;Si l’on prétend que le monde a besoin de moi au sens où ce moi est une donnée existentielle et « vitale » de ce monde, que dire de ceux à qui l’on ôte le sentiment d’existence et de ceux qui ne perçoivent ce sentiment d’existence qu’à travers le rejet qu’elle inspire et l’impitoyable mise à l’épreuve qu’est capable de lui infliger le monde aussi bienfaisant que cruel. C’est le cas des sans domiciles fixes par exemples, ces &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; vagabonds qui n’existent plus, désolidarisés du monde, pièces de puzzle mise au rancart et qui ont perdu leur existence en même temps que leur rapport à l’autre, que leur rapport au monde. C’est le cas de ceux qui suicident parce qu’ils n’ont pas trouvé leur place dans ce monde ou qui n’ont jamais réussi à la pénétrer parce qu’on ne voulait peut être pas de lui. Le monde est le pire système d’exclusion que peut subir un moi qui ne parvient pas à faire masse dans le tout. Il n’y a que le monde pour empêcher à un moi le sentiment d’exister dès lors qu’on ne le reconnaît plus comme un autre mais qu’on ne le reconnaît plus du tout. Les conditions d’existence du moi sont les mêmes conditions que celles de sa non-existence et si le moi commence par être dans le monde, il court le risque de sa mise à l’écart et de se retrouver alors face au monde comme isolé dans la prison de verre qu’il a dressée autour de moi.&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;*&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: times new roman; color: rgb(0, 0, 0); text-align: justify;"&gt;  &lt;span style="font-size: 12pt;" lang="EN-US"&gt;Ainsi, et afin de conclure, le monde a besoin de moi dans l’hypothèse où il n’est rien d’autre que la représentation que je m’en fais et par laquelle seule il existe et dans la mesure où le concept de&lt;i&gt; moi&lt;/i&gt; est nécessaire est sous-jacent à celui de &lt;i&gt;monde&lt;/i&gt;. Mais ce monde subjectif ne correspond jamais à celui d’autrui qui du coup remet en cause ma représentation du monde. Et d’un autre point de vue, le monde a besoin de moi indépendamment de toute prétention à la subjectivité de ce moi. Mais l’on a vu ensuite que dès lors que l’on s’attachait à conférer à ce moi la notion de subjectivité, la relation du moi au monde pouvait alors rapidement devenir négative et éprouvante pour le moi-sujet. Le monde peut en effet être l’outil d’exclusion du moi, la cause directe du sapement de mon désir d’être un être dans le monde et pour le monde. En un mot, le monde est concept organisé et constitué d’une multitude d’incohérences et d’imperfections qui ne peut subsister que selon un principe d’objectivité dans le lequel le moi isolé ne se reconnaît pas et souffre sa profonde subjectivité en même temps qu’il la vénère. L’auto affirmation du &lt;i&gt;moi &lt;/i&gt;se fait alors dans la douleur car elle se fait en dépit du monde et parfois &lt;i&gt;contre&lt;/i&gt; le monde. Et puisque le monde n’a pas besoin de ma subjectivité, le moi doit combattre pour la lui imposer, jusqu’à parfois se faire violence et se retrouver seul contre le monde pour ensuite y gagner sa place. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4555997750878889113-1309384680152305999?l=thomas-est-tout-seul.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/feeds/1309384680152305999/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=4555997750878889113&amp;postID=1309384680152305999' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/1309384680152305999'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/1309384680152305999'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/2008/05/le-monde-t-il-besoin-de-moi.html' title='LE MONDE A-T-IL BESOIN DE MOI ?'/><author><name>Céline Raux</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15439151317419299267</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06175259178227871024'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4555997750878889113.post-8044797705491360322</id><published>2008-05-11T13:25:00.000-07:00</published><updated>2008-05-11T13:27:02.269-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='THOMAS - JOUR 10 -'/><title type='text'>THOMAS - JOUR 10 -</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tracas.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    J'étais terriblement tracassé. Comme j'avais voulu en avoir le coeur net, j'avais remis à Hervé un exemplaire du questionnaire du Grand Hominarium. Je le priai de le remplir au plus vite afin de me faire savoir son point de vue sur l'ensemble des questions. Prévenant ou saisi d'une mauvaise intuition, je ne saurais dire, je lui laissais un délai large de plusieurs jours.&lt;br /&gt;    Parcourant des yeux le feuillet que je lui avais tendu, Hervé eut d'abord l'air profondément contrarié par la nature des questions. Soit qu'il n'en comprit pas la teneur, soit qu'elles constituassent une insulte patente à son pouvoir d'érudition. Il aurait sans doute préféré un QCM portant sur le développement historique du calcul infinitésimal. Cependant il fut d’accord pour me rendre le questionnaire préalablement rempli d’ici trois jours.&lt;br /&gt;    Ces trois jours furent pour moi l'occasion de récolter quelques specimen rares et d'importance majeure au sein de la population. Je pourrais citer quelques fiches qui sont là, devant moi, sur mon bureau. Il y a par exemple les fiches de Mademoiselle S., Monsieur Q., ou Madame Z. mais aussi Mademoiselle L. Mais de ces trois journées ne me restait au fond qu'une inquiètude sourde. Le spectre d'Hervé planait dans les rues, semblait se cacher derrière chaque visage. Je me torturais l'esprit pour savoir s'il allait oui ou non réussir à remplir la fiche du Grand Hominarium. Je me formulais à moi-même la terrible hypothèse : Hervé me rendant copie blanche.&lt;br /&gt;Et mon projet d'en prendre un sacré coup.&lt;br /&gt;En effet, si nous reconnaissons un tout quand une multiplicité d'objets forme une unité ou entre sous un acte unique de la pensée, ce tout ne saurait comporter de "résidus". Or si Hervé devait demeurer inclassable au regard des autres specimens du Grand Hominarium ou autrement dit, si Hervé ne pouvait s'insérer dans AUCUNE catégorie de la totalité humaine cela devait vouloir signifier qu'il fut possible qu'il existât des "résidus" (aussi cruel et insoutenable que puisse paraître le mot). Ou que peut être le genre humain échappait à toute définition et que l'humanité n'était qu'un concept flou. Peut être que je me fourvoyais dans l'absurde sans même m'en rendre compte. Ou peut être que l'humanité c'était qu'un bordel de grain de sables sur une plage. Peut être que qu'il n'y avait pas de puzzle. Peut être qu'il n'y avait jamais eu de puzzle. Peut être que nos vies sur terre c'était "placement libre" comme au cinéma. Peut être qu'on n'a pas de siège réservé et que ça va à qui mieux-mieux. Peut être qu'Hervé était un résidu à l'écart du tout. Peut être que rien n'avait de sens et peut être qu'il n'y avait pas de résidus. Ou peut être qu'il n'y avait ni tout, ni parties, ni règles, ni exceptions. Ou que si ce Tout c'était véritablement l'énorme Tout de la terre entière, de l'univers et de milliards d'étoiles, je veux dire le Tout absolu, alors il n'y avait pas de résidus non plus.&lt;br /&gt;Peut être que mon Grand Hominarium ne valait pas une bille.&lt;br /&gt;Peut être que je m'étais-je planté.&lt;br /&gt;Peut être que j'étais un con.&lt;br /&gt;Peut être que je n'étais pas une pièce de puzzle mais ce foutu grain de sable. Peut être même que j'étais un grain sur leur putain de puzzle. Ou alors peut-être que j'étais la seule pièce d'un puzzle qui n'existe pas au milieu de la plage de la Grande Motte.&lt;br /&gt;J'étais peut-être un résidu. Au fond, je ne pouvais pas savoir dans la mesure où je ne pouvais pas encore en apporter le démenti. Peut être que  le monde n'avait pas besoin de moi. Après tout,  ce n'était pas parce que certaines fleurs rares disparaissaient qu'on déplorait la fin de la faune et de la flore. Mais quand même. La disparition d'une fleur devait toujours pour moi rester un évènement tragique.&lt;br /&gt;En même temps, une petite voix accompagnait chacune de mes considérations. Elle me disait de me méfier car avec ces histoires de résidus qui rentrent pas dans la totalité, j'étais à deux doigts de devenir un putain de fasciste. Cette idée me provoqua une nausée profonde et un mal de ventre aigu. Mais je me sentais égaré. Je passais une nuit blanche, peuplée de tourments.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4555997750878889113-8044797705491360322?l=thomas-est-tout-seul.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/feeds/8044797705491360322/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=4555997750878889113&amp;postID=8044797705491360322' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/8044797705491360322'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/8044797705491360322'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/2008/05/thomas-jour-10.html' title='THOMAS - JOUR 10 -'/><author><name>Céline Raux</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15439151317419299267</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06175259178227871024'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4555997750878889113.post-286383183756572850</id><published>2008-04-23T05:12:00.000-07:00</published><updated>2008-04-23T05:18:00.783-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='THOMAS - JOUR 9 -'/><title type='text'>THOMAS - JOUR 9 -</title><content type='html'>&lt;div  style="text-align: justify;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;Une barbe de trois jours. &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;Cacolac&lt;/span&gt;. Doutes.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Le surlendemain, j'étais parvenu à me trouver en possession d'une douzaine de fiches. Que des bleues et des roses. La rencontre avec le troisième type n'avait pas encore eu lieu, ce qui était dommage parce que je remarquai qu'en réalité les gens se ressemblaient tous plus ou moins et qu'en règle générale, ils partageaient les mêmes préoccupations :     1- argent  ou     1-famille  ou    1-travail  ou    1-famille&lt;br /&gt;           2- travail    2-argent     2-famille    2-travail  &lt;br /&gt;           3- famille    3- travail    3-argent    3-argent&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;          ou        1-argent   ou      1-travail&lt;br /&gt;           2-famille    2-argent  &lt;br /&gt;           3- travail    3-famille&lt;br /&gt;Nota &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;bene&lt;/span&gt; : pour les célibataires souffrants, la catégories "famille" devient "trouver l'homme/la femme de ma vie."&lt;br /&gt;Mais cela ne devait pas m'inquiéter outre mesure. Après tout, le manque de diversité peut être patent même dans un puzzle. Comme lorsqu'on doit reconstituer un ciel et qu'on a affaire qu'à des pièces bleues. A ce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;moment-là&lt;/span&gt;, on ne peut compter que sur leurs formes pour les distinguer. Pour le reste, c'est kif-kif bourricot, bonnets blancs et blancs bonnets. Je repensai à Madame Rosa ainsi qu'à &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;Sandra&lt;/span&gt;. Deux spécimen rares et d'importance majeure. Toutes deux cultivaient à leur manière de réelles aspirations, authentiques en ce sens qu'elles ne les poursuivaient que pour elles-mêmes et non pour quelque autre raison &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;inessentielle&lt;/span&gt; ou contingente. Elles avaient toutes deux été profondément sincères. Rien dans leur choix ne se laissait guider par des déterminations extérieures. Ni l'une ni l'autre ne m'avait parler d'argent, de traites ou de loyer. Ni l'une ni l'autre n'avait évoqué ce désir fou de garer un jour un break dans l'allée du lotissement pour y caser des gosses et un labrador. Ni l'une ni l'autre n'avait fait part de son désir latent de bouffer son voisin pour gravir plus vite l'échelle sociale. A l'inverse, j'avais l'impression que la plupart des gens n'avaient plus d'idéaux comme si leur élan vital s'était mu en satisfaction passive de plaisir de supermarché. Les gens étaient repus. Ils n'avaient plus faim. Ils ne cherchaient donc plus à combler le manque. Ils s'ingéniaient seulement à se fabriquer de nouveaux désirs. Madame Rosa et &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;Sandra&lt;/span&gt; étaient des électrons libres. Pas des rouages d'un système bien huilé.&lt;br /&gt;   Ma pensée tournait en rond et cela ne me menait nulle part. J'allumai une cigarette, comme ça pour voir. Mais une fois de plus, la fumée que j'avais inhalée devint aussitôt plaques de fontes dans ma tête. Tout cela n'eut pour effet que de me plonger dans une brume plus épaisse. L'odeur du tabac me fit l'effet d'un relent de cave. J'ouvris en grand la fenêtre pour humer l'air frais du matin. Accoudé au garde-fou, je dominai tant bien que mal la situation. Je jetai un coup à l'intérieur du salon et je vis &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;qu'Arthur&lt;/span&gt; méditait sagement dans son bocal. Je lui trouvai un air circonspect. Il paraît que ce n'est pas correct de dire qu'un poisson affiche un "air circonspect". Mais je vous assure &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;qu'Arthur&lt;/span&gt; communique parfois de véritables expressions, parfois même des mimiques. &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;Arthur&lt;/span&gt; n'est pas comme les autres poissons. Il pense et reçoit des affects. La plupart des gens ne le croirait pas et prendrait du plaisir à dire que je suis fou. Mais encore une fois, il faut se rendre à l'évidence : les gens sont bourrés de préjugés. Et je sais &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;qu'Arthur&lt;/span&gt; souffre de ceux dont sont victimes ceux de son espèces. Par exemple, nous nous obstinons à appeler "poisson rouge" ce petit vertébré non tétrapode dont l'écaille est en réalité de couleur orange, voire dorée quand des photons de lumière illuminent son écaille. Or, quand on ne dit pas la vérité c'est un mensonge. Et ça, ce n'est pas correct du tout. C'est toujours très vilain de mentir parce qu'alors, il se trouve toujours quelqu'un pour être trompé. Et s'il s'en rend compte, eh bien à ses yeux, on n'est plus digne de confiance. Et ça, c'est très très grave. Comme de se trouver une mauvaise excuse pour un travail qu'on a pas fait ou qu'on a rendu en retard. Considération morale qui me fit me rappeler la présence significative d'un manuscrit émaillé de fautes d'orthographes en attente sur mon bureau. Et que si je ne voulais pas sortir une excuse bidon à mon patron qui l'attendait de pied ferme, il fallait que je m'y mette de toute urgence. J'y vis une incitation au travail salarié.&lt;br /&gt;   Sauf qu'on sonna à l'interphone.&lt;br /&gt;   A peine avais-je eu le temps de m'asseoir à mon bureau qu'il me fallait déjà me relever. Malheureux évènements impromptus qui empêchent le besogneux de s'atteler à sa tâche...&lt;br /&gt;   Je décrochai le combiné de l'interphone. Une friture épouvantable me vrilla le tympan.&lt;br /&gt;   "Oui ?&lt;br /&gt;   - C'est Hervé, me répondit une voix de vieil aspirateur. Je peux monter ?&lt;br /&gt;   - Tu peux monter.&lt;br /&gt;   - Alors je monte ?&lt;br /&gt;   - Alors tu montes.&lt;br /&gt;   - Tu m'ouvres ?&lt;br /&gt;   - Je t'ouvre."&lt;br /&gt;   Déjà je regrettai ce choix que je classai d'emblée dans la catégorie des"pas judicieux", mais le fait est que j'ai toujours eu du mal à dire non.&lt;br /&gt;   Je pressai le bouton de l'interphone. Un long Si mineur enroué grésilla dans l'appareil et salua l'arrivée &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;d'Hervé&lt;/span&gt; dans le hall de l'immeuble.&lt;br /&gt;   Quand Hervé et sa canadienne taupe prirent place dans le rotin de mon salon, je ressentis une désagréable sensation de déjà vécu. Je me demandai aussitôt si toute ma vie durant je serai obligé de chaque fois revivre ces visites ponctuelles qui par leur répétition agaçante me donnaient systématiquement l'impression de ne pas avoir avancé d'un pouce d'une semaine sur l'autre. Peu importaient les évènements ou la couleur du ciel, chaque fois Hervé, fidèle à lui-même, franchissait le seuil de mon appartement, il me semblait que je revenais au point mort. C'était d'autant plus désagréable que c'était vrai. Il faut être honnête, j'étais toujours au point mort. Et quand par acharnement je réussissais à passer une vitesse, voilà que je calais. Que je repassai au point mort. Et &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;qu'Hervé&lt;/span&gt; me rendait visite.&lt;br /&gt;C'était d'un mécanisme navrant.&lt;br /&gt;Le seul changement notoire mais mineur (et donc sans grande probabilité d'incidence sur le cours des évènements) était &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;qu'Hervé&lt;/span&gt; avait selon toute vraisemblance négligé de se raser depuis plus de trois jours. De plus, il avait recouvert sa calvitie d'un bonnet péruvien marron qui disséminait des peluches d'alpagas dans tout le salon au moindre courant d'air. Deux petits cordons de laine terminés par des glands prolongeaient la coiffe et pendaient lamentablement sur ses joues creuses. On aurait juré qu'il s'était vissé un de ces vieux abat-jour en macramé sur la tête. La raideur naturelle de son corps figé contribuait pour une bonne part à ce que l'on confonde Hervé avec un vieux lampadaire de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;dépôt-vente&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;   Hervé était d'humeur loquace. Il me servit un long monologue sur sa mère, son allocation chômage, les trains express régionaux, une chronique de France Culture, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;l'héliocentrisme&lt;/span&gt; de la Renaissance, la composition de la Vache qui rit et le messianisme de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;Joachim&lt;/span&gt; de Flore. Après quoi, sans doute à court de munitions, il marqua une pause. Mais dans l'épais silence qu'il avait malgré lui installé, il ne put s'empêcher de lâcher ce nouvel obus :&lt;br /&gt;   "&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_16"&gt;Est-tu&lt;/span&gt; d'avis qu'il faut reconnaître un statut ontologique au concept d'angoisse?"&lt;br /&gt;   Je me levai et me dirigeai vers le réfrigérateur. Je pris une petite brique de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_17"&gt;Cacolac&lt;/span&gt;. Une de ces petites briques où le petit sachet plastique d'une paille se trouve collé sur le rebord. Je me munis également de mon &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_18"&gt;bloc-note&lt;/span&gt; que j'avais laissé sur la table de la cuisine. Je revins dans le salon où Hervé se tenait encastré dans le rotin. Il avait profiter de mon absence pour saisir mon &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_19"&gt;Rubik's&lt;/span&gt; Cube qui traînait par-là. Il avait la mine réjouie du type qui a réussi à en reconstituer toutes les faces en moins de trois minutes. Le trait rouge de ses lèvres plates s'était courbé et élargi. Phénomène physiologique qui signifie "sourire".&lt;br /&gt;   "&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_20"&gt;Sais-tu&lt;/span&gt; combien d'algorithmes de résolution il existe pour un cube de vingt-quatre facettes par côté, demanda Hervé en exhibant mon &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_21"&gt;Rubik's&lt;/span&gt; Cube comme s'il s'était agi d'une pièce rare.&lt;br /&gt;   - Aucune idée. Tiens, je t'ai ramené un &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_22"&gt;Cacolac&lt;/span&gt;."&lt;br /&gt;Il saisit la brique. Détacha la paille et sembla prendre un certain plaisir à la planter dans la petite opercule en aluminium. Il but d'une traite et aspira par la paille jusqu'à ce que les six faces de la brique se rétractent dans un bruit de carton plié.&lt;br /&gt;   " Naturellement, on sait que le couronnement des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Éléments&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_23"&gt;d'Euclide&lt;/span&gt; est la construction des cinq polyèdres réguliers, ce qui, en substance, revient à la détermination des groupes finis de rotations dans l'espace à trois dimensions."  &lt;br /&gt;   Craquement de rotin.  &lt;br /&gt;   "Hervé, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_24"&gt;finis-je&lt;/span&gt; par demander, je peux te poser une question ?"&lt;br /&gt;Il &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_25"&gt;cillat&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;   "Oui.&lt;br /&gt;   - Je me demandai, c'est quoi ton aspiration fondamentale dans la vie ?"&lt;br /&gt;Il &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_26"&gt;cillat&lt;/span&gt;. Il &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_27"&gt;cillat&lt;/span&gt; encore. Il &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_28"&gt;cillat&lt;/span&gt; une troisième fois. Il contorsionna sa lèvre inférieure avec une moue bizarre.&lt;br /&gt;D'une voix traînante il articula cette demande de précision :&lt;br /&gt;   "&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_29"&gt;Parles-tu&lt;/span&gt; de cette notion développée par &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_30"&gt;Kurt&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_31"&gt;Lewin&lt;/span&gt; qui permet l'analyse de l'influence du succès ou de l'échec sur les conduites ? Au tel cas il faut savoir que la motivation est un &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_32"&gt;construct&lt;/span&gt; qui s'opposerait à l'intelligence ou à l'aptitude."&lt;br /&gt;Rester calme et pondéré. Rester calme et pondéré. Rester CALME et &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_33"&gt;PONDERE&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Hervé est mon ami. Hervé est mon ami. Hervé est mon ami et je ne m'énerve pas. Je ne m'énerve pas parce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_34"&gt;qu'Hervé&lt;/span&gt; est mon ami.&lt;br /&gt;   Calme. Courtoisie. Pondération.&lt;br /&gt;   Hem.&lt;br /&gt;   Pour ne pas paraître désagréable, j'enrobai ma voix de toutes les fioritures ayant contribué à la gloire de l'art baroque :&lt;br /&gt;   " Non, Hervé. C'est beaucoup plus simple que ça. Je voudrais simplement savoir vers quoi est-ce que tu orientes chaque jour tout ton être. De quelle manière est-ce que tu souhaites actualiser au mieux les potentialités de ton essence ?"&lt;br /&gt;Je faisais autant d'efforts pour me faire comprendre que si je parlais à un sourd. Une furtive étincelle traversa son regard. Il répondit enthousiaste :&lt;br /&gt;   " Le Savoir Absolu.&lt;br /&gt;   - Hein ?&lt;br /&gt;   - Mon esprit tend vers le savoir absolu tel qu'il fut &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_35"&gt;célebré&lt;/span&gt; par &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_36"&gt;Hegel&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;   - Et ça te mène où, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_37"&gt;demandai-je&lt;/span&gt; interloqué."&lt;br /&gt;Il marqua une pause puis finir par répondre d’un ton neutre :&lt;br /&gt;   "Absolument &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_38"&gt;nulle-part&lt;/span&gt;."&lt;br /&gt;Il me fallait chasser un doute. Je poursuivis prudemment :&lt;br /&gt;   "Et ta couleur préférée ? Laquelle c'est ?"&lt;br /&gt;Cette question interloqua Hervé :&lt;br /&gt;   "Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Pourquoi, diantre, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_39"&gt;devrai-je&lt;/span&gt; avoir une couleur préférée ?&lt;br /&gt;   - Tout le monde a une couleur préférée, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_40"&gt;retorquai-je&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;   - Alors par induction tu crois que j'ai certainement une couleur préférée ?&lt;br /&gt;   - C'est probable en tout cas.&lt;br /&gt;   - Mais pas nécessaire.&lt;br /&gt;   - Si tu le dis.&lt;br /&gt;   - Mais quelles raisons irrationnelles aurai-je de préférer telle couleur au regard de telle autre ? Quels sont ces enfantillages ?  &lt;br /&gt;   - Alors tu reconnais ne pas avoir de couleur préférée ?&lt;br /&gt;   - Je n'ai pas de couleur préférée. Je suis un animal rationnel, moi."&lt;br /&gt;   Je ne savais pas trop si c'était rationnel ou pas d'avoir une couleur préférée, mais quoiqu'il en soit, ça me &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_41"&gt;parassait&lt;/span&gt; humain et pas du tout insensé. Par exemple, moi j'aime bien le rouge parce que c'est une couleur dynamique qui donne du &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_42"&gt;peps&lt;/span&gt;. Et je n'aime pas le rose car cela me fait toujours penser aux romans de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_43"&gt;Barbara&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_44"&gt;Cartland&lt;/span&gt; que je trouve abominables. Et quand je regarde le soleil qui se couche à la campagne un soir d'hiver et que je contemple cet horizon où le ciel plein d'une douce et chaude lumière dévoile ses palettes de rouge, d'orange, et de rose (pas le même que celui de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_45"&gt;Barbara&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_46"&gt;Cartland&lt;/span&gt; cela s'entend) et que toutes ces couleurs, déclinées en une infinité de nuances, s'accrochent à quelque nuage d'altitude comme un trait de pinceau tendu sur la toile, quand le bleu de la nuit s'assombrit pour mieux faire jaillir cette magnifique explosion de couleurs et de lumières, quand tout &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_47"&gt;rougeoit&lt;/span&gt; et que les ombres s'allongent dans les prés, et bien quand ce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_48"&gt;spectacle&lt;/span&gt; s'offre à moi je ne peux m'empêcher de penser que s'il est permis aux hommes de contempler tant de beauté, c'est qu'il doit y avoir une certaine quantité de bien qui fait se mouvoir le monde. Et en même temps, je me demandais s'il est un homme qu'un tel spectacle aurait laissé parfaitement insensible.&lt;br /&gt;   Mais il en existait au moins. Il s’&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_49"&gt;appellait&lt;/span&gt; Hervé. Il n'aimait rien tant que réfléchir. En conséquence, il n'avait goût à rien et ne désirait rien.&lt;br /&gt;   Chaque fois, Hervé suscitait en moi d'intenses &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_50"&gt;refléxions&lt;/span&gt; sur le genre humain. Je commençais à être traversé par d'horribles doutes que je chassai pour un temps de mon esprit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4555997750878889113-286383183756572850?l=thomas-est-tout-seul.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/feeds/286383183756572850/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=4555997750878889113&amp;postID=286383183756572850' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/286383183756572850'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/286383183756572850'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/2008/04/thomas-jour-9.html' title='THOMAS - JOUR 9 -'/><author><name>Céline Raux</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15439151317419299267</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06175259178227871024'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4555997750878889113.post-7256946126484071376</id><published>2008-04-19T03:14:00.000-07:00</published><updated>2008-04-19T03:22:59.572-07:00</updated><title type='text'>Informations lecteurs</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#999999;"&gt;&lt;strong&gt;Bonjour à tous, &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#999999;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#999999;"&gt;&lt;strong&gt;Vous attendez peut être avec impatience la suite des non-aventures de Thomas et sachez que j'y travaille ! De nouveaux textes seront mis en ligne dès le début de la semaine prochaine avec insertions de vos suggestions dans ceux déjà publiés (vos suggestions apparaîtront en rouge dans le corps du texte).&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family:Arial;color:#999999;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family:Arial;color:#999999;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family:Arial;color:#999999;"&gt;Bien à vous chers lecteurs, &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family:Arial;color:#999999;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family:Arial;color:#999999;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family:Arial;color:#999999;"&gt;Céline Raux&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4555997750878889113-7256946126484071376?l=thomas-est-tout-seul.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/feeds/7256946126484071376/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=4555997750878889113&amp;postID=7256946126484071376' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/7256946126484071376'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/7256946126484071376'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/2008/04/informations-lecteurs.html' title='Informations lecteurs'/><author><name>Céline Raux</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15439151317419299267</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06175259178227871024'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4555997750878889113.post-1740769967357893545</id><published>2008-04-15T09:17:00.000-07:00</published><updated>2008-04-15T09:27:14.869-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='THOMAS -JOUR 8 -'/><title type='text'>THOMAS -JOUR 8 -</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;Incoming contact. Sandra. Disco. La découverte du zygomatique. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    J'y étais donc parvenu. J'avais une fiche. Je détenais une pièce du puzzle. Je me sentais tout abasourdi par ma mon audace. Il avait suffi d'entrer dans ce magasin pour que cette femme m'ouvre son âme tout de go. A moi. A moi qui n'étais même pas fichu de demander l'heure ou mon chemin à des inconnus croisés dans la rue. A moi qui ne sait même pas alimenter une conversation de plus de trois phrases. Elle m'avait parlé. Mais peut être était-ce une entrée en matière un peu facile. Après tout je n'en étais qu'au stade "débutant". Je n'avais pas encore idée des difficultés insurmontées qui m'attendaient au stade "intermédiaire" et je ne parle pas du stade "expert" qui devait par la suite m'exposer à bien des surprises. Quoi qu'il en fut, ce jour s’annonçait sous de palpitants augures. Je ne comptais donc pas en rester là. Gonflé d’assurance par le succès de ma démarche auprès de Madame Rosa, je voulus continuer. J’étais déjà plus fort, plus serein.&lt;br /&gt;    Je regagnai à nouveau la rue déserte en criant « I’ve got the power ! ».&lt;br /&gt;    J’étais content.&lt;br /&gt;    C’est alors que je vis, assise sur le gisant de pierre jouxtant la cathédrale, une jeune femme boursouflée qui engloutissait un éclair au chocolat. Sa permanente new-wave, les grandes créoles fluos qui pendaient à ses oreilles et son pantalon-fuseau bariolé témoignaient d’un retard d’une ou deux décennies quant aux canons de la mode. Elle me fut d’emblée sympathique. Je me dirigeai vers elle, mine de rien. Ma terreur précédente s’était mue en une simple et naturelle inquiétude. Je pris place à côté d’elle sur la cuisse granitique du gisant. Puisse le feu-propriétaire de ce monument féodal me pardonner l’incivilité patente de ce geste. L’objet de mon attention disposait d’un Walkman greffé aux tympans. Une barrette bleue en forme de dauphin enserrait ses ondulations artificielles. On devinait un rouge à lèvre fushia sous les bavures de crème pâtissière. Selon toute vraisemblances, elle faisait peu de cas de la proximité soudaine de ma personne. J’en profitai pour mettre au point mon allocution de présentation du Grand Hominarium. Je craignais qu’elle soit mal-comprenante à l’endroit de mes nobles intentions.&lt;br /&gt;    « Bonjour, je m'appelle Thomas, lançai-je d'une voix posée et chic que je ne me connaissais pas.&lt;br /&gt;    - Hein ? »&lt;br /&gt;Elle libéra son tympan droit de sa greffe audio, renonçant pour un temps à la stéréo.&lt;br /&gt;    « Je m’appelle Thomas, repris-je.&lt;br /&gt;    - Ah ouais ?&lt;br /&gt;    - Je ne suis pas là pour vous draguer, crus-je bon de préciser mais elle parût déçue.&lt;br /&gt;    - Ah bon.&lt;br /&gt;    - Je voudrais juste vous posez quelques questions. Les réponses resteront confidentielles et anonymes, cela s’entend.&lt;br /&gt;    - Ah ouais ? Comme un genre de sondage ?&lt;br /&gt;    - Euh oui, c’est ça. C’est un sondage. C’est le mot.&lt;br /&gt;    - Chouette. J’aime bien les sondages. »&lt;br /&gt;Elle ôta ses écouteurs et souriait de toutes ses dents, la bouche grande ouverte.&lt;br /&gt;    «  Y a un truc à gagner ? Des bons d’achats ? Des réductions ?&lt;br /&gt;    - Euh non. Pas exactement... »&lt;br /&gt;Elle haussa les épaules d’un air résigné. Je ne savais pas si elle souriait toujours ou si elle avait omis de refermer sa bouche. Elle fourra ses mains dans les poches de sa veste en jean.&lt;br /&gt;    «  Ca ne fait rien, dit-elle. Tant pis. J’veux bien répondre quand même. Au fait, je m’appelle Sandra.&lt;br /&gt;    - Très bien Sandra. Commençons.&lt;br /&gt;    - Cool.&lt;br /&gt;    - Qu’elle est votre aspiration fondamentale, lui demandai-je.&lt;br /&gt;Elle cligna des yeux trois fois, interloquée, la bouche ouverte :&lt;br /&gt;    - Ma quoi ?! C’est un sondage médical votre trucmuche-là ?&lt;br /&gt;    - Mais non, vous ne me comprenez pas. Je veux juste savoir quel est, disons, votre « but » fondamental dans la vie.&lt;br /&gt;Elle sembla déjà mieux saisir l’objet de ma question.&lt;br /&gt;    - Ah ouais. Bah je sais pas si c’est fondamentionnel comme vous dites-là, mais mon rêve c’est d’aller en Suède sur les traces du groupe Abba - elle gloussa- vous connaissez Abba ?&lt;br /&gt;    - Oui, oui. Votre plus grande crainte ?&lt;br /&gt;Elle réfléchit jusqu’à ce que ses sourcils se rejoignent à l’arrête de son nez. La peau de son front plissait sous sa frange. Elle répondit :&lt;br /&gt;    - Ne pas rencontrer le prince charmant qui m’emmènera en Suède.&lt;br /&gt;    - D’accord. Maintenant, ce qui vous ferez super plaisir là tout de suite ?&lt;br /&gt;La réponse fut spontanée :&lt;br /&gt;    - Rencontrer le prince charmant qui m’emmènera en Suède sur les traces du groupe Abba ! »&lt;br /&gt;J’eus vaguement l’impression de tourner en rond, comme Arthur ou plutôt comme ces chiens qui courent stupidement après leur queue. On ne s’en sortait pas. Mon interlocutrice me consternait. Pourtant, il ne fallait pas que je la juge, ni que j’applique quelque jugement de valeur à son égard. Toutes les pièces de puzzle sont d’importance égale, après tout. Je repris donc le questionnaire.&lt;br /&gt;    « Vous êtes plutôt kebab ou plutôt hamburger ? »&lt;br /&gt;Pour le coup, difficile de caser Abba dans la réponse.&lt;br /&gt;    « Hamburger, se contenta-t-elle de répondre.&lt;br /&gt;    - La chanson que vous écoutez les jours où vous êtes triste ?&lt;br /&gt;    - Knowing me, knowing you d’Abba.&lt;br /&gt;    - Surprenant. La chanson que vous écoutez les jours où êtes gaie ?&lt;br /&gt;    - Knowing me, knowing you d’Abba.&lt;br /&gt;    - Votre couleur préférée ?&lt;br /&gt;    - Il est bizarroïde votre sondage ! Vous êtes pas un témoin de Jéhovah quand même ? »&lt;br /&gt;Je restais calme et tout sourire.&lt;br /&gt;    « Mais non, la rassurai-je. Votre couleur préférée ?&lt;br /&gt;    - Ouf, j’aime mieux ça parce que j’ai pas du tout envie de m’abonner à quelque religion que ce soit. J’ai déjà les réunions Tupperwear qui me prennent assez de temps comme ça et puis ça coûte ! Faut que j’économise pour la Suède, voyez-vous.&lt;br /&gt;    - Je vois. Votre couleur préférée ? Alors ?&lt;br /&gt;    - Ah oui. Le jaune fluo. On dit que c’est la couleur de l’espoir le jaune fluo. »&lt;br /&gt;    Les pantoufles de Papy Mégot vinrent racler le sol à quelques mètres de là. Une partie de son corps disparut dans la poubelle.&lt;br /&gt;    Mauvaise pioche, elle n’offrait rien de bon aujourd’hui. Il repartit bredouille.     J’eus de la peine pour lui. Sandra souriait toujours de sa grande bouche béante.&lt;br /&gt;    « Thé ou café ?&lt;br /&gt;    - Thé citron !&lt;br /&gt;    - Quand vous avez un bout de papier devant vous, vous préférez le plier ou l’enrouler ? »&lt;br /&gt;Elle darda ses grands yeux fixes sur moi.&lt;br /&gt;    « Vous êtes sur que vous ne faites pas partie d’une secte ? »&lt;br /&gt;J’acquiesçai, réprimant un profond soupir.&lt;br /&gt;    « J’en sais rien, reprit-elle. Je crois que j’enroulerai le papier. »&lt;br /&gt;Sandra appartenait donc à la catégorie des enrouleuses. Je pris note. Et poursuivis :&lt;br /&gt;    « Votre péché mignon ?&lt;br /&gt;    - Chanter Dancing queen d’Abba sous la douche. Mais je chante en yaourt.&lt;br /&gt;    - En yaourt ?&lt;br /&gt;    - Oui, c’est une expression. Ca veut dire que je chante n’importe quoi parce que je comprend que dalle à l’anglais. Alors je fais du yaourt. Ca ressemble à de l’anglais mais c’est du yaourt.&lt;br /&gt;    - Ah. Et votre dernier péché tout court ?&lt;br /&gt;    - Je savais bien qu’on y arriverait à la religion ! Mon dernier péché, voyons... Ah si, j’ai raconté un bobard pour sécher la réunion Tupperwear chez Josiane. »&lt;br /&gt;Je ne cherchai pas à en savoir davantage sur les motifs de ce grave mensonge. J’enchaînai :&lt;br /&gt;    « Votre leitmotiv dans la vie ? Enfin, je veux dire la petite phrase qui fait du bien que vous aimez  vous répéter en cas de besoin ?&lt;br /&gt;    -...&lt;br /&gt;    - Vraiment ? Faites un effort. Tout le monde a un leitmotiv.&lt;br /&gt;    - Euh. Noël à Paques, tisons sur le balcon ? »&lt;br /&gt;J’explosai de rire. Je ne savais pas que j’en été capable. Je venais d’acquérir une connaissance fondamentale des sciences humaines : les gens peuvent être hilarants. Sandra me regardait éberluée. Je me tordais de rire. Même le gisant devait se marrer mais cela ne se voyait pas à cause de son corps en granit. Je dû lâcher mon bloc-notes pour m’essuyer mes yeux pleins de larmes.&lt;br /&gt;    « Bah quoi ? J’ai dit quelque chose de drôle ? Ca marche pas comme lémotive ?&lt;br /&gt;    - HI ! HI ! HI ! »&lt;br /&gt;Je m’esclaffai. Quelques passants me regardaient étonnés. Certains riaient. D’autres changeaient de trottoir. En tout cas, je ne passais pas inaperçu. Je me tenais les côtes. Ce-jour devait correspondre pour moi à la reconquête de mes zygomatiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4555997750878889113-1740769967357893545?l=thomas-est-tout-seul.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/feeds/1740769967357893545/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=4555997750878889113&amp;postID=1740769967357893545' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/1740769967357893545'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/1740769967357893545'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/2008/04/thomas-jour-8.html' title='THOMAS -JOUR 8 -'/><author><name>Céline Raux</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15439151317419299267</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06175259178227871024'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4555997750878889113.post-2789438886076676174</id><published>2008-04-14T04:19:00.000-07:00</published><updated>2008-04-14T04:23:54.849-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='THOMAS -JOUR 7 -'/><title type='text'>THOMAS -JOUR 7-</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;Fiche rose numéro 1. Madame R. Fleuriste.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;Aspiration fondamentale (i.e. ce vers quoi tend tout votre être) : &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;    En l'état actuel des choses, la destruction, en raison d'une incapacité à prétendre au bonheur. La destruction n'est qu'une alternative illusoire reconnaît Mme R. Mais au final, c'est bien au bonheur que Mme R. dit aspirer. Elle essaiera d'améliorer sa vie. Elle émet le souhait d'arrêter de boire.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;Crainte : &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;    Mme R. se dit plutôt angoissée. Toutefois il y a bien une chose qu'elle redoute : être incinérée après sa mort car elle a très peur du feu.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;Ce qui vous ferez super plaisir, là, tout de suite : &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;    Un demi pression. Mme R. a eu honte de sa réponse mais affirme vouloir l'assumer.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;Kebab ou hamburger ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;    Mme R. dit n'avoir jamais mangé de kebab mais que ça lui plairait sûrement plus qu'un hamburger. Elle en goûtera un demain pour s'en assurer.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;Chanson pour les jours tristes : &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;    Suzanne de Léonard Cohen.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;Chanson pour les jours heureux : &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;    Magnolia forever.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;Couleur préférée : &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;    Le rose.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;Thé ou café : &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;    Thé à la menthe.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;Quand vous avez un bout de papier devant vous, vous préférez le plier ou l'enrouler ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;    Le plier. Mme R. appartient à la catégorie des plieurs.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;Votre péché mignon : &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;    Le roquefort.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;Votre dernier péché tout court : &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;    Avoir laissé une orchidée crever de soif dans la remise.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;Votre leitmotiv dans la vie : &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;    "Ne pas se forcer. Ne pas se retenir. Dans le doute, s'abstenir."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;Vous aimez : &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;    Dire plein de gros mots quand je suis sûre que personne ne les entend.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;Vous détestez : &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;"&gt;    Toute sorte de salade verte.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4555997750878889113-2789438886076676174?l=thomas-est-tout-seul.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/feeds/2789438886076676174/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=4555997750878889113&amp;postID=2789438886076676174' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/2789438886076676174'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/2789438886076676174'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/2008/04/thomas-jour-7.html' title='THOMAS -JOUR 7-'/><author><name>Céline Raux</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15439151317419299267</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06175259178227871024'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4555997750878889113.post-863558436252293176</id><published>2008-04-10T13:31:00.000-07:00</published><updated>2008-04-10T13:52:26.651-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='THOMAS -JOUR 6 -'/><title type='text'>THOMAS -JOUR 6 -</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pas un chat. Un mainate.  Madame Rosa. Je me lance.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  Dehors il faisait très froid et la pluie s'était changée en bruine. Un regard circulaire sur la rue devait me permettre de choisir ma première cible. Papy Mégot apparut à l'angle de la rue mais je considérai qu'il s'agissait d'un spécimen encore trop difficile pour le débutant que j'étais. Mais en raison de conditions atmosphériques défavorables, peu de gens traînaient dans la rue et ceux qui s'y étaient aventurés pressaient leur pas en remontant leurs épaules au-dessus du niveau de leur tête. De sorte qu'au final, j'assistai sans rien faire à une tragique désertification urbaine.&lt;br /&gt;Il n'y eut bientôt plus qu'un chat. Lequel chat courut s'abriter sous une voiture en stationnement.&lt;br /&gt;Du coup, il n'y eu plus de chat de tout. Et je me retrouvais seul.&lt;br /&gt;J'examinais la situation et projetai donc de me rendre chez un commerçant. J'exclus d'abord le buraliste car j'étais à peu près sûr qu'il se moquerait ouvertement de moi et que sa femme se joindrait au concert. Je n'avais pas encore assez d'assurance pour assumer ça. Après il y avait la dame du magasin de lingerie. Je savais qu'elle passait pour être nymphomane et qu'on racontait de drôles de choses sur elle. Or je n'étais pas certain d'être capable de défendre mon intégrité physique en cas de tentative de viol. L'antiquaire était fermé parce que nous étions lundi. Et de toute façon, l'odeur d'encaustique m'intimidait excessivement.&lt;br /&gt;  Par chance, il me restait la fleuriste, Madame Rosa.&lt;br /&gt;  Je poussai timidement la porte du magasin. "Timidement" n'est peut être pas le bon mot. En réalité, j'étais terrorisé.  Je pénétrai dans le magasin et un petit "gling-glung-glong-gling" cristallin résonna dans la pièce.&lt;br /&gt;  Je fus d'abord accueilli par un mainate perché entre deux espèces de yuccas échevelés parés de deux grandes étiquettes m'informant qu'il s'agissait de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;baucarnea recurvata&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;  "Dehooors ! Ou j'appelle la poliiiice ! J'appelle la poliiiice ! La poliiiice ! Mauriiice !&lt;br /&gt;  - Ferme-là Nicolas ! ordonna la voix chantante mais ferme d'une femme. Tu vas faire fuir le client !"&lt;br /&gt;  Une grande dame corpulente déboula de derrière une rangée d'orchidées. Ses cheveux étaient multicolores et hirsutes. Une mèche rose bonbon lui barrait le front. Sa robe en patchwork ressemblait à un grand plaid de pique-nique négligemment jeté sur ses épaules. Elle avait du se maquiller avec une truelle tellement les placards de fond de teint luisant sur sa peau paraissaient grossiers (et de fait ils l'étaient). Le ravalement semblait si frais qu'on s'attendait à y trouver encore des échafaudages.&lt;br /&gt;  "Nicolas est incorrigible, expliqua-t-elle, je ne sais pas d'où ça vient mais il passe son temps à piailler les flics. Ne vous inquiétez pas il ne sait pas encore se servir d'un téléphone.&lt;br /&gt;  - Le dix-sept ! C'est la poliiiice ! Allô j'écouuute ! La poliiice ! Mauriiice !&lt;br /&gt;  - Bon ça va, on a compris ! Tu peux te taire maintenant ?!"&lt;br /&gt;Le mainate se tut un instant puis, discrètement, sifflota la Marseillaise. Quant à moi, je me trémoussai dans mes chaussures avec un sourire niais pour signifier tant bien que mal mon indulgence à l'égard de ce volatile de foire. Madame Rosa, puisque c'était elle, sourit à son tour. Ce qui eu pour effet de faire jaillir ces pommettes saillantes et de découvrir un râtelier de dents jaunies.&lt;br /&gt;  " Que puis-je faire pour vous mon cher monsieur ?&lt;br /&gt;  - Euh... Eh bien c'est à dire que... Enfin voila, en fait je venez pour...&lt;br /&gt;  - Plutôt une plante, un bouquet, une composition ? J'en ai là de ravissantes mais ça dépend. C'est pour quelle occasion ? Mariage, baptême, anniversaire, obsèques?"&lt;br /&gt;J'étais à deux doigts de lui acheter tout le stock tellement j'avais peur du ridicule de ma requête. Mais il n'était pas question que je me défile.&lt;br /&gt;Je me jetai à l'eau.&lt;br /&gt;  " Eh bien, c'est à dire qu'en fait je ne viens pas pour acheter des fleurs. J'aimerai juste vous poser quelques questions...&lt;br /&gt;  - Vous êtes de la police, s'inquiéta-t-elle ?&lt;br /&gt;  - Poliiiice, repris le mainate en aparté.&lt;br /&gt;  - Je vais t'arracher le bec espèce de gestapiste, hurla Madame Rosa à Nicolas."&lt;br /&gt;Madame Rosa me regarda en cillant très vite. Ces cils étaient si longs que je m'attendais à ce qu'ils produisent quelque courant d'air lorsqu'elle les faisait battre.&lt;br /&gt;Je repris calmement :&lt;br /&gt;  "Non, non, je ne suis pas de la police. Je m'appelle Thomas, j'habite au bout de la rue...&lt;br /&gt;  - On ne vous vois pas beaucoup. Je ne me rappelle pas vous avoir déjà vu.&lt;br /&gt;  - C'est que je sors très peu, répondis-je penaud. Et je n'ai pas tellement l'occasion d'acheter de fleurs non plus. Mais je ne suis pas de la police... En fait, je fais une enquête sur les gens. C'est une enquête anonyme, bien sûr. Je veux les inventorier selon leurs goûts, leurs aspirations, leurs crainte. L'humanité... tout ça. C'est un Grand Hominarium, vous comprenez ?&lt;br /&gt;  - Pas bien, non. Mais vous allez m'expliquer tout ça. N'est-ce pas Thomas ?"&lt;br /&gt;D'un geste suave elle tenta de dégager la mèche rose bonbon. J'étais soulagé. Elle acceptait de m'écouter, de me consacrer cinq minutes de son précieux temps. Il faut dire aussi qu'il n'y avait personne d'autre dans la boutique. Je lui racontait alors comment m'était venue l'idée d'un Grand Hominarium. Comme elle était fleuriste, elle connaissait très bien les herbiers de Lamarck et Buffon et se faisait une joie d'en discuter avec moi. Puis je lui lus la note préliminaire au Grand Hominarium que j'avais déjà rédigée. Elle s'enthousiasma. Alors je pris de l'assurance et lui racontait tout. L'histoire du grain de sable et de la pièce de puzzle, mon refus d'être un infiniment petit de troisième ordre... Chaque fois, elle acquiesçait d'un air convaincu. Je me laissai emporter par le flot de mes paroles. Ca faisait du bien. Je ne me souvenais pas avoir jamais parler à quelqu'un avec autant de verve. Je commençai même à perdre les pédales et mes digressions ont fini par nous égarer tout deux. Je crois qu'elle n'a pas bien saisi le coup du ciment derrière le bloc sanitaire du camping de la Grande Motte car à ce moment-là, elle me regardait toujours en souriant mais son sourire s'était figé dans une expression dubitative. Nicolas, quant à lui, boudait sur son perchoir car il n'avait pu en placer une.&lt;br /&gt;  "Alors vous acceptez de répondre à mes questions, demandai-je implorant.&lt;br /&gt;  - Oh oui ! Oh oui ! Ce projet est merveilleux ! Admirable ! Voila une noble intention qui réchauffe l'âme, s'enthousiasma-t-elle.&lt;br /&gt;  - Bien, je sors mon bloc-notes..."&lt;br /&gt;Ses yeux pétillaient de joie sous l'auvent de ses longs cils. Une légère érubescence colorait ses joues. Chacun de ses muscles semblaient frétiller d'une excitation infantile sous le drap en patchwork.&lt;br /&gt;  Elle ne fit pas que répondre à mes humbles questions. Elle me raconta sa vie. Elle pleura quand elle m'avoua que tout le monde la traitait d'alcoolique dans son dos. Pourtant c'était vrai, reconnut-elle. Elle buvait jusqu'à vingt demis par jours. Elle avait honte parce qu'elle faisait figure de pochtrone mais c'était plus fort qu'elle, avait-elle dit. Elle était si seule. Son mari était parti parce qu'il déclara une allergie aiguë au pollen alors que sa femme cultivait sa passion des fleurs. Cela avait créé une tension dans le couple parce qu'il voulait qu'elle choisisse entre lui ou le magasin. Elle avait d'abord choisi de ne pas choisir mais lorsqu'il commença à la tromper avec l'allergologue et que la rumeur se propagea dans toute la ville, elle choisit les fleurs. Depuis elle était seule avec ses rhododendrons, ses demis, son mainate fasciste et ses colorations capillaires. Et puis les clients qui la distrayaient. Quand il y en avait. Elle ne croyait pas qu'elle était malheureuse. C'était la première fois depuis des mois qu'elle pleurait, affirmait-elle, alors qu'elle souriait et riait tout les jours. Cela devait prouver qu'elle n'était pas malheureuse, qu'elle n'avait pas complètement raté sa vie. "N'est-ce pas ? C'est une preuve ça, non ?"&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: times new roman;font-size:85%;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4555997750878889113-863558436252293176?l=thomas-est-tout-seul.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/feeds/863558436252293176/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=4555997750878889113&amp;postID=863558436252293176' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/863558436252293176'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/863558436252293176'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/2008/04/thomas-jour-6.html' title='THOMAS -JOUR 6 -'/><author><name>Céline Raux</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15439151317419299267</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06175259178227871024'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4555997750878889113.post-5503618219236424352</id><published>2008-04-08T13:24:00.000-07:00</published><updated>2008-04-08T13:26:26.178-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='THOMAS -JOUR 5-'/><title type='text'>THOMAS - JOUR 5 -</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:times new roman;" &gt;L'énigme freudienne du ciment. &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;Arthur&lt;/span&gt;. Le grain de sable et la pièce de puzzle.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Cette &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;nuit-là&lt;/span&gt;, je rêvai &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;qu&lt;/span&gt;’on me coulait dans du ciment derrière le bloc sanitaire du camping de la Grande Motte. Après quoi je m’éveillai perplexe, une heure environ avant que ne sonne mon &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;radio-réveil&lt;/span&gt;. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Je ne peux pas dire que les rais d’une lumière &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;aurorale&lt;/span&gt; et dorée filtraient à travers les persiennes car, ce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;matin-là&lt;/span&gt;, il pleuvait. Et je n’eus pas besoin d’ouvrir en grand les volets pour deviner que le ciel ne proposait &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;qu&lt;/span&gt;’une grande variété de gris. Pour le savoir, il me suffisait de m’emmitoufler dans ma couette et d’écouter la pluie tomber. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Je pensai au Grand &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;Hominarium&lt;/span&gt;. Je me demandai aussi pourquoi est-ce que je m'étais à ce point mis en tête de sonder une à une l'âme des hommes. Au fond de moi je le savais pourtant. Ou plutôt le &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;sentais-je&lt;/span&gt;. J'avais du mal à symboliser ce désir par des mots. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Je levai la tête pour jeter un coup d'œil à l'aquarium. Dans la pénombre de l'aube hésitante, je vis &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;Arthur&lt;/span&gt; dessiner d'invisibles cercles concentriques. Nageant trop près de la paroi de verre, il s'y cogna. &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;Arthur&lt;/span&gt; s'était réveillé en silence. J'avais envie de croire que ses tribulations circulaires lui valaient d'intenses réflexions sur la nature du nombre pi. A moins qu'il ne fut en train de comploter quelque chose ou de fomenter une quelconque tentative d'évasion. Mais cela ne se produisait jamais. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;Arthur&lt;/span&gt; se contentait de faire des ronds dans l'eau. Parfois, il interrompait brusquement son circuit et, sans raison apparente, entreprenait de changer de direction. Quoiqu'il en soit, il vivait toujours aussi intensément la théorie de l'éternel retour.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    J'étais toujours dans mon lit. Je savais que le parquet serait très froid alors je retardais le moment douloureux où il me faudrait y poser le pied. Sans que je sus pourquoi, le tintement des gouttes d'eau sur les vitres m'évoqua spontanément une rengaine d'avant-guerre. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Rythme léger et dansant. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Je repensai au ciment. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    A la Grande Motte. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Au camping et au bloc sanitaire. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    J'eus envie de croire que c'était absurde, que cela n'avait aucun sens. Alors que ça en avait un. C'était sûr. C'est &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;Freud&lt;/span&gt; qui l'a dit, d'abord. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    La Grande Motte. Des immeubles en béton qui ressemblent à des &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;Legos&lt;/span&gt; du troisième millénaire. Une grande plage. Du sable à perte de vue. Du ciment (mais pourquoi du ciment ?). Du sable dans l'œil. Des larmes. Du sable collé sur des pieds humides et ça fait mal dans les chaussettes. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Oui mais, et le ciment alors ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Je conçus l'idée que j'étais un grain de sable. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    La plage demeure plage même si on lui soustrait un grain de sable. Je pensai donc que, en tant que grain de sable, je n'étais pas nécessaire à la plage. Ce qui importe pour penser le concept de plage, c'est une certaine quantité de sable. Mais un grain de plus ou du moins, ça, la plage, elle s'en fout pas mal. Et alors ce serait ça l'humanité ? Une palanquée de grain de sables indifférenciés balancés en vrac près d'un point d'eau salée ? Voila une idée qui perdit vite de son charme et que j'eus tôt fait de ne plus trouver très séduisante. Il me fallait trouver autre chose. Parce qu'il fallait que tout ceci ait un sens. Parce que je ne pouvais me résoudre à n'être qu'un infiniment petit de troisième ordre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Alors je repensai au puzzle. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Je ne voulais plus être un grain sable. Jamais. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Je voulais être une pièce du puzzle. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Je m'en rendais compte désormais. L'individu ne peut exister que s'il évolue dans un monde qui seul peut lui signifier son existence. Et je me sentais l'apparence d'une pièce de puzzle. C'est à dire abstrait et inutile lorsque je me considère isolément. Mais rempli de sens et de raison d'être si les autres pièces du jeu s'accordaient à me faire corps. &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;Thomas&lt;/span&gt; hors du monde, c'est une pièce de puzzle hors de sa boite. Autrement dit, un non-sens. Une absurdité. Rien de plus qu'un accident, un imprévu, un numéro interchangeable. Or ce qui me plaisait avec le puzzle, c'était que même s'il comportait six milliards de pièces, l'absence d'une seule le rendait inexorablement imparfait. Parce que le but du puzzle, c'est justement la perfection de son assemblage, la cohérence de ses imbrications et la finalité accomplie de ce qu'il était censé représenter au départ (par exemple un puzzle de la Tour &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;Eiffel&lt;/span&gt; n'est conçu pour rien d'autre que la représentation finale de cette Tour &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_16"&gt;Eiffel&lt;/span&gt;). Voila pourquoi je préférais croire que le monde était un puzzle géant et que j'y avais ma place. Si j'étais une pièce de ce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_17"&gt;puzzle-là&lt;/span&gt;, ça signifiait que le monde avait besoin de moi. Et le Grand &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_18"&gt;Hominarium&lt;/span&gt; allait permettre de faire passer chaque pièce de puzzle à la postérité et de cette manière &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_19"&gt;pouvait-on&lt;/span&gt; produire le souhait de les voir un jour s'imbriquer les unes aux autres de la manière la plus naturelle qui soit. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Voilà une idée qui m'emballait déjà un peu plus. Je voulus dire des mots d'amour à ma couette tellement je m'y sentais bien. &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_20"&gt;Arthur&lt;/span&gt; accéléra sa course. Il avait beaucoup grossi ces derniers temps. Peut être &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_21"&gt;cherchait-il&lt;/span&gt; à éliminer. Je ne sais pas. &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_22"&gt;Arthur&lt;/span&gt; était taciturne. Difficile dès lors de savoir ce qu'il avait dans la tête.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    J'étais à deux doigts de me rendormir quand le &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_23"&gt;radio-réveil&lt;/span&gt; me cracha &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_24"&gt;Atomic&lt;/span&gt; de Blondie. Bien &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_25"&gt;qu'allongé&lt;/span&gt;, je fis un bond. Un peu comme ces avions de l'armée de l'air qui décollent à la verticale. Je retombai mollement sur mon oreiller &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_26"&gt;hypoallergénique&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    "Aujourd'hui, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_27"&gt;pensai-je&lt;/span&gt;, je dois partir à la recherche de spécimen rares et d'importance majeures."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Deux heures quarante cinq plus tard, j'étais fin prêt à faire le premier pas vers le monde des humains. J'avais très peur. J'enfournai mon bloc-notes et un crayon de bois dans ma vache en cuir, respirai un bon coup. Puis sortis.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4555997750878889113-5503618219236424352?l=thomas-est-tout-seul.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/feeds/5503618219236424352/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=4555997750878889113&amp;postID=5503618219236424352' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/5503618219236424352'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/5503618219236424352'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/2008/04/thomas-jour-5.html' title='THOMAS - JOUR 5 -'/><author><name>Céline Raux</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15439151317419299267</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06175259178227871024'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4555997750878889113.post-4458212237100685185</id><published>2008-04-08T12:48:00.000-07:00</published><updated>2008-04-08T13:04:42.145-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='THOMAS -JOUR 4-'/><title type='text'>THOMAS - JOUR 4 -</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div  style="text-align: center; font-weight: bold;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Le Grand &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;Hominarium&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Première partie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Préliminaire.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;    &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;Qu&lt;/span&gt;’est-ce que le Grand &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;Hominarium&lt;/span&gt; ? Le Grand &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;Hominarium&lt;/span&gt; a pour fonction de constituer une base de données recueillant des informations &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;non-utiles&lt;/span&gt; et &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;non-pratiques&lt;/span&gt; de n’importe quel individu consentant. Bien que &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;non-utiles&lt;/span&gt; et &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;non-pratiques&lt;/span&gt;, les informations contenues dans ce Grand &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;Hominarium&lt;/span&gt; ont pour vocation à définir chaque individu par les aspects les plus déterminants et les plus signifiants de sa personne et de son existence. C’est à dire par les aspirations, goûts, préférences, craintes, joies, fantasmes &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;qu&lt;/span&gt;’il manifeste ou ressent. Il s’agit de saisir, au mieux, le sujet intime de chaque personne afin d’en extraire le témoignage profond et tangible de son humanité, de son essence particulière libérée de toute aliénation sociale ou administrative. Ainsi, suivant le principe de l’herbier, l’option prise par le Grand &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;Hominarium&lt;/span&gt; est de montrer chaque personne, ou individu sous le jour de sa propre humanité, de sa véritable nature. Il est donc nécessaire que tout sujet fasse preuve d’honnêteté et de sincérité.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;    Que m’apporte le Grand &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;Hominarium&lt;/span&gt; ? Pour commencer, il apporte la reconnaissance de l’être humain en tant &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;qu&lt;/span&gt;’individu différent et différencié des autres. Il est un hommage rendu à la réalité unique et singulière de l’existence de chacun. Avec le Grand &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;Hominarium&lt;/span&gt;, vous n’êtes plus un simple numéro parmi d’autres, vous n’êtes plus une fiche d’état civil au fond d’une étagère, vous n’êtes plus un abonné au gaz quelconque. Le Grand &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;Hominarium&lt;/span&gt; vous donne la possibilité de découvrir que vous êtes &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;quelqu&lt;/span&gt;’un, une personne unique et reconnue comme telle. Vous n’êtes plus des numéros, vous êtes des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;spécimens rares et d’importance majeure&lt;/span&gt; détenteurs d'une identité reconnue !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;En effet, qui ne s’est jamais senti floué à la lecture d’un formulaire administratif ou en remplissant une fiche d’état civil ? &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_16"&gt;Qu&lt;/span&gt;’avons-nous dit sur &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_17"&gt;nous-même&lt;/span&gt; une fois que l’on a bien écrit son nom et son prénom dans les petites cases ? &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_18"&gt;Puis-je&lt;/span&gt; justifier de qui je suis une fois que j’ai correctement fait mention de mon adresse ou de mon numéro de téléphone ? Ai-je une connaissance accrue de ma singularité une fois que j’ai précautionneusement reporté mon numéro de sécurité sociale ? Quels pans entiers de ma vie &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_19"&gt;dois-je&lt;/span&gt; occulter lorsque je dois réduire ma réponse à une croix pour cocher entre « célibataire », « marié(e) » ou « veuf(&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_20"&gt;ve&lt;/span&gt;) » ? A quoi me résument tous ces formulaires administratifs ? A une situation, un statut que vous avez acquis par accidents, contingences, chance ou malchance. Or &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_21"&gt;qu&lt;/span&gt;’ai-je dit de la feuille quand je dis &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_22"&gt;qu&lt;/span&gt;’elle est tombée au pied de l’arbre ? Rien. Je ne fais que décrire la situation de la feuille par rapport à l’arbre. Je parle de la situation, je ne parle pas de la feuille. Or c'est à la feuille qu'il conviendra ici de s'intéresser. Le but n'est plus de savoir qui vous êtes, mais ce que vous êtes, et comment vous l'êtes. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:100%;"&gt;    &lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je relus attentivement la première ébauche de présentation de mon Grand &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_23"  style="font-family:times new roman;"&gt;Hominarium&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;. Je me frottai les mains énergiquement. Il y aurait peut être un ajout ou deux à faire ici, à moins qu'il ne faille clarifier tel point. Mais ces détails me parurent secondaires. Je me frottai les mains et me trémoussai sur ma chaise parce que j'étais content. Pour être franc, j'étais assez fier de moi et je ne me rappelai pas l'avoir déjà été à ce point. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Je remis délicatement son capuchon à mon crayon feutre. Je jetai un coup d'œil par la fenêtre et j'eus comme l'impression que le métronome interne de Papy Mégot était passé du mode grave, au mode andante. Qui sait si demain il n'accourrait pas prestissimo jusqu'à la première poubelle &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_24"&gt;JC&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_25"&gt;Decaux&lt;/span&gt; qu'il trouverait en chemin ? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Je me sentais léger. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Solaire. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Fort. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Presque vainqueur. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Je crois que c'est cela que l'on appelle être joyeux. C'est à dire ne plus avoir de lourdes plaques de fonte à bringuebaler dans la tête.  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;"Grand &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_26"&gt;Hominarium&lt;/span&gt;... Grand &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_27"&gt;Hominarium&lt;/span&gt;..."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;*&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:times new roman;" &gt;&lt;br /&gt;Présentation informe et &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_28"&gt;non-exhaustive&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Je m'aperçois avec effroi que du temps a passé et que je ne me suis toujours pas présenté. Alors à titre d'entraînement, je compte le faire sur le mode du Grand &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_29"&gt;Hominarium&lt;/span&gt;. Le procédé ne sera peut être pas encore très au point mais au moins le Grand &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_30"&gt;Hominarium&lt;/span&gt; disposera de son premier sujet. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Alors voilà. Je me présente à vous que je ne connais pas. Ou plutôt à vous que je ne connais pas encore. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Je m'appelle &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_31"&gt;Thomas&lt;/span&gt;. Je suis &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_32"&gt;télé-conseiller&lt;/span&gt; au service client d'une grande marque de tampons catégorie "hygiène féminine", ce qui n'a jamais contribué à mon épanouissement social. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Passons. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Je ne veux pas vous ennuyer. Peut être me trouver vous déjà ennuyeux. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    J'ai l'habitude de porter des polos unis et comme ma chevelure est un festival d'épis récalcitrants, je suis obligé de les couper très courts pour que cela ne se voit pas. Je suis plutôt petit. Un freluquet dirons certains. J'aime quand mes pantalons ont un plis bien net sur le devant. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    On m'a dit une fois que je ressemblais à un &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_33"&gt;Playmobil&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Dans la catégorie "J'AIME" : me réveiller une heure avant que ne s'enclenche le &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_34"&gt;radio-réveil&lt;/span&gt; car c'est un moment de paix absolu, le nougat, les tragédies grecques, le noir et le blanc (depuis peu, je peux ajouter le rouge), faire de l'apnée dans la baignoire, les &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_35"&gt;kebabs-frites&lt;/span&gt; au ketchup, Caillebotte, les chats (mais je suis allergique à leur poil), Caruso&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_36"&gt;&lt;/span&gt;, les soupes de cresson lyophilisées, la propreté et le rangement, les grues jaunes de chantier ensoleillées qui se détachent dans le bleu du ciel, le train parce qu'il vous donne toujours la conviction d'aller quelque part, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_37"&gt;Zorro&lt;/span&gt;, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_38"&gt;Emmanuel&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_39"&gt;Kant&lt;/span&gt;, les chaussures, Romain &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_40"&gt;Gary&lt;/span&gt;, le gel douche tonifiant aux extraits de cèdre, le déodorant &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_41"&gt;Mennen&lt;/span&gt; Pacifique &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_42"&gt;Blue&lt;/span&gt; (il m'aide à me sentir viril), les films de Jacques &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_43"&gt;Tati&lt;/span&gt;, passer l'aspirateur, le &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_44"&gt;Coca-Cola&lt;/span&gt; et le jus de pomme, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_45"&gt;Marylin&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_46"&gt;Monroe&lt;/span&gt; dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Certains l'aiment chaud&lt;/span&gt;, les bandes dessinées, la ponctualité, repasser mes chemises en écoutant une gymnopédie de Satie&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_47"&gt;&lt;/span&gt;, le docteur Carter de la série Urgences.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Dans la catégorie "J'AIME PAS" : j'aime pas me sentir seul mais il faut bien se rendre à l'évidence : je suis tout seul. J'aime pas entendre rire dans mon dos car j'ai toujours peur que les gens se moquent de moi. J'aime pas manger tout seul. J'aime pas qu'on double à la caisse du Monoprix. Je déteste quand les gens qui vous bousculent s'excusent en disant "je ne vous avais pas vu" car cela signifie que vous êtes &lt;span style="font-style: italic;"&gt;transparent&lt;/span&gt; et que personne ne vous remarque nulle part. J'aime pas les fleurs parce que ça fane toujours trop vite. J'aime pas tous les boulets que je traîne. J'aime pas le rose. Je ne m'aime pas. J'aime pas les raviolis. J'aime pas me sentir seul. J'aime pas la solitude. J'aime pas les occasions manquées car elles provoquent d'insupportables tourments. J'aime pas l'hiver. J'aime pas les terroristes. J'aime pas avoir peur. J'aime pas me dire que je suis à part. J'aime pas être tout seul. J'aime pas la solitude. J'aime pas les occasions manquées.&lt;br /&gt;Je ne m'aime pas.&lt;br /&gt;Et je déteste &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_48"&gt;Mickey&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_49"&gt;Mouse&lt;/span&gt; qui n'est qu'un sale petit prétentieux. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Ma chanson préférée c'est &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le poinçonneur des Lilas&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_50"&gt;&lt;/span&gt;parce que ça raconte l'histoire d'un homme qui a une existence de chien et qui voudrait bien que ça change. Et la chanson que j'exècre le plus c'est &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ma mère&lt;/span&gt; de Michel &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_51"&gt;Sardou&lt;/span&gt; parce que c'est une chanson grotesque dans laquelle un monsieur très niais nous fait part d'un complexe &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_52"&gt;d'Oedipe&lt;/span&gt; déclaré sur le tard. On y apprend entre autre qu'il n'aurait jamais cru que sa mère ait su faire l'amour. Et que ça mère était une blonde au yeux clairs et aux seins lourds, ce qui est bien évidemment une version largement &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_53"&gt;fantasmée&lt;/span&gt; de la réalité.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    J'ai un poisson rouge nommé &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_54"&gt;Arthur&lt;/span&gt; qui exploite au mieux la circularité de son aquarium et de son existence. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Voila pour les présentations. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;    Je m'appelle &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_55"&gt;Thomas&lt;/span&gt; et je suis tout seul.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4555997750878889113-4458212237100685185?l=thomas-est-tout-seul.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/feeds/4458212237100685185/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=4555997750878889113&amp;postID=4458212237100685185' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/4458212237100685185'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/4458212237100685185'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/2008/04/thomas-jour-4.html' title='THOMAS - JOUR 4 -'/><author><name>Céline Raux</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15439151317419299267</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06175259178227871024'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4555997750878889113.post-926110304731454769</id><published>2008-04-07T14:33:00.000-07:00</published><updated>2008-04-07T14:46:22.200-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='THOMAS - JOUR 3 -'/><title type='text'>THOMAS - JOUR 3 -</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;En l'attente d'une révélation. &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;Buffon&lt;/span&gt; et &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;Lamarck&lt;/span&gt;. Le Grand &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;Hominarium&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Le lendemain fut un grand jour puisque j'y entrepris de partir à la conquête de l'humanité.&lt;br /&gt;   Elle était là sous ma fenêtre. Je n'avais qu'à descendre.&lt;br /&gt;  Je voulais connaître tous ces gens. Je voulais leurs poser des questions, garder une trace de chacun d'eux mais je ne savais pas trop comment m'y prendre. Quoiqu'il en soit, j'étais tout excité. Comme un gamin philatéliste que le père emmène pour la première fois au marché aux timbres. Ou comme un petit &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;Mozart&lt;/span&gt; qui se rendrait à son premier cours de solfège. Oui, c'était ça : j'attendais une &lt;span style="font-style: italic;"&gt;révélation&lt;/span&gt;. Si je comprenais qui étaient tous ces gens, peut être alors pourrais-je savoir qui j'étais. Où du moins ce qu'il convenait que je sois. Je voulais découvrir et assembler toutes les pièces du puzzle. Car de cette manière, à la fin, par déduction, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;je saurai que la pièce manquante ça serait moi&lt;/span&gt;, quelle forme elle aurait et l'endroit exact et approprié où elle devrait s'insérer naturellement parmi les autres.&lt;br /&gt;Mais gare à la précipitation. Le projet que je mûrissais en silence était un projet neuf et éclatant, aux antipodes des méditations rances &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;d'Hervé&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;   Ces perspectives métaphysiques m'emplissaient de joie.&lt;br /&gt;   Et de crainte.&lt;br /&gt;   Il fallait que tout soit au point. Je ne pouvais pas prendre le risque d'un échec plus désolant que ne l'était déjà ma vie. Il me fallait ressusciter le fantôme que je devenais. Il me fallait rencontrer les autres pour leur donner la recette de ma résurrection. Je préparais ma Pentecôte. Toutefois, je devais prendre garde à tenir mes distances avec Hervé. Car c'était lui le premier fossoyeur de toute vie sociale. Désormais, il m'incomber de ne le considérer que comme un sujet d'observation parmi d'autres. Ni plus, ni moins. Un point c'est tout.&lt;br /&gt;   J'étais déjà un peu plus avancé.&lt;br /&gt;   Mais il faut que je vous explique de quoi est-ce qu'il retournait exactement.&lt;br /&gt;   Notification historique. Avez-vous déjà entendu parler de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;Lamarck&lt;/span&gt; et &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;Buffon&lt;/span&gt; ? Je pense que oui, au moins de nom.&lt;br /&gt;   &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;Buffon&lt;/span&gt; a conçu le Jardin des Plantes.&lt;br /&gt;   &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;Lamarck&lt;/span&gt; est l'auteur de La Flore française publiée en 1778.&lt;br /&gt;   Passons sur les détails. Ce que je voulais vous faire remarquer, ces que tous deux, en tant que botanistes, sont à l'origine de célèbres herbiers. C'est à dire qu'ils ont passé une grande partie de leur vie à collecter des spécimens de plantes pour ensuite, les classer, les inventorier et enfin les réunir dans ces fameux ouvrages. D'une certaine manière, à l'instar de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;Buffon&lt;/span&gt; ou &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;Lamarck&lt;/span&gt;, je voulais constituer une sorte d'herbier sauf qu'en guise de plantes séchées, je voulais y inventorier des hommes. Et des vies. C'étaient là les spécimens d'importance majeure que je me mettais en charge de recueillir. Bien entendu, il ne s'agissait pas de scotcher sur de grands cartons, pour ensuite les faire se dessécher sous de grandes épingles, des individus morts ramassés au hasard. Ce que je voulais, c'était collecter des traces de vies, des traces d'humanité, dresser le portrait d'un homme par les aspects les plus signifiants (insignifiants dirons certains) de sa vie au-delà de la froideur terne des renseignements d'une fiche &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;d'État&lt;/span&gt; civil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Je baptisai mon projet le Grand &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;Hominarium&lt;/span&gt;. Suivant l'étymologie du mot "herbier", j'optai à mon tour pour une racine latine. C'était un projet ambitieux. Comme je souhaitais le mener avec le plus d'application requise, je sentais que ma vie allait prendre un tournant incongru.&lt;br /&gt;   J'en étais tout &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;énervouillé&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;  Je courrai chez le papetier m'acheter un de ces grands classeurs d'archivages ainsi que trois paquets de grandes fiches bristol format A4. Des bleues pour les personnes de sexe masculin. Des roses pour les personnes de sexe féminin. Je pris des jaunes aussi, au cas où.&lt;br /&gt;   Ensuite, je regagnai mon logis en sautillant et poussant de petits cris aigus. Ce qui semblait effrayer les gens sur le trottoir. (Ils ont des réactions tellement étranges, parfois !)&lt;br /&gt;   Arrivé au bas de immeuble, je me ruai dans les escaliers en sautant deux marches sur trois. Mais j'en ratai une entre le deuxième et le troisième étage, ce qui faillit me coûter l'usufruit de ma rotule. Je mis un certain temps (quatre minutes, dix secondes) à ouvrir ma porte car comme d'habitude, je ne parvenais pas à mettre la main sur mes clefs. Et comme je n'entendais pas leur cliquetis joyeux dans le fond de ma vache soumise à d'intenses secousses, j'émis un instant la terrifiante hypothèse de les avoir perdues et de ne pas pouvoir entrer chez moi.&lt;br /&gt;   J'en blêmis et passai en revue les conséquences désastreuses que cette bévue allait devoir me coûter (à savoir, trouver un téléphone pour appeler un serrurier, appeler ce serrurier, payer le serrurier, vivre dans la crainte des voleurs et des tueurs en série, et donc rappeler le serrurier, payer de nouveau le serrurier pour avoir changé les quatre verrous de ma porte, faire faire des doubles, acquérir deux nouveau porte-clefs insubmersibles etc.). Rien que d'y penser, ça me donnait le tournis. Mais je ne trouvais toujours pas mes clefs. C'était une situation contrariante. Elle me provoqua des sueurs froides. Dans un roman policier on aurait dit "qu'un frisson me parcourait l'échine."&lt;br /&gt;   Au final, je retrouvai mes clefs coincées dans la doublure en nylon de ma gabardine &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;multipoches&lt;/span&gt;. Un immense soulagement allégea ma tête. Je pénétrai mon logis d’un pas décidé. J’envoyai la porte danser la valse. Et je pensai tout haut :&lt;br /&gt;   « - A nous deux Grand &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;Hominarium&lt;/span&gt; ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4555997750878889113-926110304731454769?l=thomas-est-tout-seul.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/feeds/926110304731454769/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=4555997750878889113&amp;postID=926110304731454769' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/926110304731454769'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/926110304731454769'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/2008/04/thomas-jour-3.html' title='THOMAS - JOUR 3 -'/><author><name>Céline Raux</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15439151317419299267</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06175259178227871024'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4555997750878889113.post-8213114975464155160</id><published>2008-04-06T14:17:00.000-07:00</published><updated>2008-04-08T12:47:48.184-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='THOMAS - JOUR 2 -'/><title type='text'>THOMAS - JOUR 2 -</title><content type='html'>&lt;div  style="text-align: justify;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le pis-aller. Sortir de la bulle. Craquements de rotin.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  J'ai mangé une pomme. Elle avait un goût de pomme. Encore une fois, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;semblait-il&lt;/span&gt;, la vie manquait cruellement de surprise. Puis j'ai entendu retentir la sonnette de l'interphone.&lt;br /&gt;  "- Oui ?&lt;br /&gt;  - C'est Hervé."&lt;br /&gt;  Je pressai le bouton de l'interphone presque à regret. Après tout ce qui ne m'était pas arrivé aujourd'hui je n'avais que moyennement envie de subir Hervé et en particuliers les grandes logorrhées &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;pseudo-philosophiques&lt;/span&gt; qu'il ne manquait jamais de me servir.&lt;br /&gt;  Mais à dire vrai je n'avais pas beaucoup d'amis.&lt;br /&gt;  Pour être même très franc, je n'en avais pas.&lt;br /&gt;   Je n'avais que des pis-aller, comme Hervé. Rien que d'y penser, je déprimais. Mais tant que je considérerai qu'il vaut mieux être mal accompagné que tout seul, alors je tolérerai tous les Hervé de la Terre et accepterait d'écouter, colère rentrée, leurs longs monologues flasques, leurs vomis de verbiages à la syntaxe grammaticalement correcte.&lt;br /&gt;  Hervé se présenta à ma porte. Il est d'usage que les longs cheveux gras qui contournent sa tonsure pendent lamentablement sur les épaules de sa canadienne taupe. Pas plus aujourd'hui qu'hier, il ne dérogea à la coutume. C'est ainsi qu'il m'apparut. Ces petits yeux de neurasthénique demeuraient immobiles derrières ses gros verres de lunettes opacifiés par un excès de sébum voyageur et de multiples empreintes digitales. Son visage était impassible et cireux. Seules ses deux petites lèvres plates et rouges remuaient imperceptiblement.&lt;br /&gt;  "- Salut.&lt;br /&gt;  -Salut, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;répondis-je&lt;/span&gt; de la voix la plus atone que j'étais capable de moduler.&lt;br /&gt;  - &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;Ca&lt;/span&gt; va ?&lt;br /&gt;  - &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;Ca&lt;/span&gt; va.&lt;br /&gt;  - J'entre ?&lt;br /&gt;  - Entre."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  Et il entra.&lt;br /&gt;  Sa démarche &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;pachydermique&lt;/span&gt; due, selon toute vraisemblance, à son manque total de classe, fit craquer toutes les lattes du parquet. Il semblait d’ailleurs s’en réjouir. Faire du bruit, c’était au fond l’unique moyen &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;qu&lt;/span&gt;’il avait à sa disposition pour parvenir à un minimum d’existence dans une pièce. Je lui suggérai de s’asseoir pour mettre fin au vacarme. Il entreprit alors de faire corps au fauteuil. Je pensai que les règles de l’hospitalité exigeaient que je propose quelque chose à boire à mon hôte. Mais ça me gonflait &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;qu&lt;/span&gt;’Hervé me taxe toutes mes jus de pomme sans jamais aucun retour de sa part. J’avais tout juste envie de lui chauffer un thé pour lui balancer l’eau chaude à la gueule. Ou de lui rappeler les règles du &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;Poltach&lt;/span&gt; de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;Mauss&lt;/span&gt;. C'est selon.&lt;br /&gt;J’attrapai une chaise et m’assis face à lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  "- Alors, quoi de neuf ? &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;demandai-je&lt;/span&gt; parce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;qu&lt;/span&gt;’il fallait bien dire quelque chose.&lt;br /&gt;  - Pas grand chose. Enfin, si. Je me suis fait virer.""&lt;br /&gt;Les rares fois où Hervé avait daigné bosser, il s'était toujours fait virer. Dès &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;qu&lt;/span&gt;’Hervé franchissait le seuil d’une entreprise, le monde du travail en prenait un sérieux coup. Cela faisait trois semaines &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;qu&lt;/span&gt;' Hervé exerçait la fonction de videur dans un sex-shop à cabines climatisées. Une brillante idée de l'Agence nationale pour l'emploi qui de guerre lasse avait fini par lui céder ce poste dont personne ne voulait. Mais apathique, frêle et frustré, Hervé ne faisait sans doute pas office de profil idéal pour ce travail. En sommes, il avait fallu en arrivé à cette extrémité : vider le videur.&lt;br /&gt;  "- Encore ? &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;fis-je&lt;/span&gt; mine de m'étonner bien que la nouvelle ne me surpris pas le moins du monde. Et pour quelle raison cette &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;fois-ci&lt;/span&gt; ?&lt;br /&gt;  - Je ne dégageais pas ce qu'il fallait &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_16"&gt;paraît-il&lt;/span&gt;. Ils m'ont dit que comme "portier" j'étais consternant et que même les plus tordus avaient peur d'entrer quand j'étais à la porte. Alors, ils m'ont dit qu'ils me mettaient à la porte. Et j'ai dit que c'était un pléonasme grossier que de dire qu'on voulait mettre le portier à la porte.&lt;br /&gt;  - Et ?&lt;br /&gt;  - Et alors là il s'est mis à pratiquer l'euphémisme en me disant que "l'entreprise me remerciait de mes service rendus à la cause du porno" et que le &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_17"&gt;bande-mou&lt;/span&gt; que j'étais n'avait qu'à aller &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_18"&gt;s'astiquer&lt;/span&gt; ailleurs.&lt;br /&gt;  - Je vois."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me fis alors une image mentale &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_19"&gt;d'Hervé&lt;/span&gt;, droit comme un I, les yeux fixes, impassible au milieu des godemichés d'exposition, des poupées gonflables, de la lingerie sexy et des gadgets sexuels en tous genre. Je l'imaginais encore en train d'expliquer au malheureux gérant du &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_20"&gt;peep-show&lt;/span&gt; que dans l'utopie &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_21"&gt;marcusienne&lt;/span&gt;, le corps, qui ne serait plus utilisé comme un instrument de travail à plein temps, se &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_22"&gt;résexualiserait&lt;/span&gt; en même temps que tout ce corps deviendrait une &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_23"&gt;cathexis&lt;/span&gt;, une chose pour jouir et un instrument de plaisir, et lui expliquer d'une voix de basse monocorde que &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_24"&gt;l'Erosphère&lt;/span&gt;, univers de l'amour total, constituait une étape nécessaire vers le point Oméga.&lt;br /&gt;  C'était tordant.&lt;br /&gt;  Et désolant à la fois.&lt;br /&gt;  Tordant parce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_25"&gt;qu'Hervé&lt;/span&gt; était d'un pathétique transcendant le ridicule. Désolant, parce que c'était la seule personne qui semblait prendre du plaisir à franchir ma porte.&lt;br /&gt;  Je regardais Hervé. Son teint jaunâtre et ses lèvres plates. Il était tellement statique qu'on aurait juré qu'il avait avaler du ciment à prise rapide. De temps à autres, il cillait. Et toute son énergie semblait réunie dans cet insignifiant battement de paupières. Le silence s'était installé dans le petit salon. On entendait plus que les craquements du fauteuil en rotin. Et parfois du plancher. L'atmosphère devenait tellement pesante qu'il me sembla qu'une plaque de fonte s'était détachée du plafond.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  "-J'ai envie de connaître le monde, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_26"&gt;dis-je&lt;/span&gt; sans trop savoir pourquoi.&lt;br /&gt;  - &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_27"&gt;Prends-toi&lt;/span&gt; une carte de bibliothèque, répondit Hervé le plus naturellement du monde."&lt;br /&gt;Je soupirai.&lt;br /&gt;   "- Mais non, pas comme ça... Tu comprends pas, j'ai envie d'être au cœur du monde, tu vois ? De le sentir palpiter, vivre, évoluer... Tu piges ? J'ai envie de faire le grand plongeon, l'immersion totale, tu vois ?&lt;br /&gt;  - Bah je sais pas moi, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_28"&gt;achètes-toi&lt;/span&gt; une télé... Ou écoute France Inter."&lt;br /&gt;Hervé cligna des yeux, ce que j'avais sans doute raison d'interpréter comme un signe d'égarement de sa part. Un craquement de rotin souligna sa perplexité. Je dévisageai Hervé avec désolation. Je tentai une nouvelle approche plus didactique du sujet :&lt;br /&gt;  "- Bon Hervé, écoute, tu vois il y a des gens autour de toi dans la rue, dans le bus, à Monoprix, aux &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_29"&gt;Assedics&lt;/span&gt;... Toute sorte de gens même. Ils ne se ressemblent pas tous, ils sont plus ou moins différents, ils ont chacun une histoire, une vie, un endroit où dormir dont tu ne sais rien du tout parce que tu ne fais que les croiser. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tu ne les connais absolument pas.&lt;/span&gt; Ce sont des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;étrangers&lt;/span&gt; pour toi -et pour moi aussi d'ailleurs- ils passent devant toi c'est tout et puis ils continuent leurs petites affaires. Sans toi. Ils restent des anonymes pour toi, et tu vois Hervé, que ce soit toi ou moi, on passe à travers la foule comme... comme deux courants d'air. On ne nous remarque pas. Nous restons en dehors...&lt;br /&gt;  - Et alors ?"&lt;br /&gt;Hervé commençait à m'agacer. Et de fait il m'agaça.&lt;br /&gt;  "- Eh bien moi je veux connaître ces gens. Je veux savoir ce qu'ils aiment, leurs couleurs préférées, ce qui a compté dans leur vie, ce qui ne comptera plus. Je veux savoir quelle sauce ils mettent dans leurs &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_30"&gt;kebabs&lt;/span&gt;, la musique qu'ils écoutent quand ils sont tristes, s'ils ont une préférence pour le papier toilette parfumé, le dernier livre qu'ils ont lu, ce qui les angoisse, ce qui les fait rire aux éclats, l'insulte qu'ils ont le plus de plaisir à prononcer, les jurons les plus grossiers qu'ils sont capables de sortir et ceux qu'ils ne sortiront jamais, s'ils considèrent que le plus grand groupe disco c'est &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_31"&gt;Boney&lt;/span&gt; M ou &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_32"&gt;Abba&lt;/span&gt;, s'ils préfèrent &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_33"&gt;Batman&lt;/span&gt; à Superman, s'ils sont plutôt sucré ou salé, bronchiques ou gastriques, thé ou café, anal ou génital, la première chose qu'ils font en se levant le matin et la dernière avant de s'endormir... En un mot, je veux les connaître. C'est tout."&lt;br /&gt;  Hervé renâcla pour évacuer en interne un corps étranger de sa narine droite.&lt;br /&gt;  "- Bah ouais mais qu'est-ce que ça peut bien te faire de savoir s'ils préfèrent du &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_34"&gt;PQ&lt;/span&gt; parfumé à de l'ordinaire ? Moi je m'en fous de savoir si ma voisine a une prédilection pour la fraîcheur agrume plutôt que jasmin" remarqua Hervé dans une fulgurance de perspicacité.&lt;br /&gt;  "- Mais bordel Hervé, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_35"&gt;m'écriai-je&lt;/span&gt; outré, ça ne t'intéresse donc pas l'humanité ?"&lt;br /&gt;Il réfléchit un instant.&lt;br /&gt;  "- Je m'intéresse à l'humanité d'un point de vue macroscopique. Je suis pour une conception &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_36"&gt;holistique&lt;/span&gt; de la société. Et je pense, mais cela n'engage que moi, qu'il n'y a d'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;homo &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_37"&gt;sapiens&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; que social. Je considère la société globalement, dans ses principales structures qu'elles soient économiques ou idéologiques. Et cette valorisation de la totalité sociale implique que je néglige ou subordonne l'individu humain...&lt;br /&gt;  - ...Et ça te fait pas chier ?&lt;br /&gt;  - Alors que toi tu te mets en tête de t'intéresser à des détails insignifiants et qui manquent naïvement de pertinence. Je suis surpris."&lt;br /&gt;  J'eus envie de l'étrangler, de lui tirer ses mèches grasses, ou de lui agrafer ses petites lèvres plates, je ne sais pas trop. L'indécision sur ce point retint mon geste. Mon exaspération montante s'exprimait dans les turbulences du rotin. Je sentis une ride se creuser sur mon front et ma langue buter sur mes incisives sèches.&lt;br /&gt;  "- Tu parles comme un livre Hervé. En fait non : tu es un livre. Un gros livre tout mou et tout poisseux de philosophie bon marché qu'on ne cherche même pas à ouvrir. Un ramassis de conneries documentaires pour bien guider sa pensée dans le mauvais chemin. Un foutu livre de cuisine plein de recettes que personne n'a envie de goûter. Tu n'aimes pas les gens Hervé, tu ne sais même pas ce que ça veut dire. Pour toi un homme c'est soi un mec qu'écrit des bouquins que tu lis, soit une fiche d'état civil que tu ne prendrai même pas la peine d'archiver. Moi ce qui m'intéresse, c'est pas la structure sociale, qu'elle soit idéologique ou économique comme tu le dis si bien, ce qui m'intéresse, tu vois, c'est l'humanité, l' &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_38"&gt;HU-MA-NI-TE&lt;/span&gt;, les individus, leurs natures profondes, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_39"&gt;okay&lt;/span&gt; ? &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_40"&gt;Qu&lt;/span&gt;’est-ce que c’est ce que d’aimer le parfum d’une fleur, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_41"&gt;qu&lt;/span&gt;’est-ce que ça suppose comme sensations d’être un homme, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_42"&gt;qu&lt;/span&gt;’est-ce que ça représente pour un homme de regarder la mer ou les étoiles, avec qui on a envie de baiser ou pas. Toutes ces choses que ne tu ne comprendras jamais malgré la dose de théories fumeuses que tu seras capables d’ingérer, eh bien ces ça que je veux découvrir. Je veux savoir qui sont ces autres qui marchent autour de moi. »&lt;br /&gt;  Hervé réprima un rot.&lt;br /&gt;  Mon buste s’était désolidarisé du dossier de mon fauteuil en rotin. Mes mains se crispaient sur le bords des accoudoirs. J’avais l’impression que mes yeux sortaient de leurs orbites. J’étais prêt à mordre. Mon interlocuteur cillait plus vite &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_43"&gt;qu&lt;/span&gt;’à l’ordinaire mais le reste de son corps semblait figé dans la grande sédimentation des ouvrages savants &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_44"&gt;qu&lt;/span&gt;’il avait depuis si longtemps engloutis dans l’espace court-circuité de son esprit.&lt;br /&gt;Bizarrement, il faisait depuis de l’anorexie mentale. On ne pouvait plus rien en tirer de bon.&lt;br /&gt;  Je regardai alors par la fenêtre où je voyais passer tous ces inconnus vivant et gesticulant sur le pavé de la rue. Je les regardai se mouvoir ensemble. Ils formaient l'unité d'un même corps : la foule. Et je n'avais pas l'impression d'être des leurs... &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_45"&gt;Etait-ce&lt;/span&gt; cela qui me rendait si triste parfois ?&lt;br /&gt;Derrière moi j'entendais seulement la respiration sifflante &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_46"&gt;d'Hervé&lt;/span&gt; dont les voix nasales semblaient encombrées. Dehors, le spectacle vivant de la rue ou d'une petite partie de l'humanité dont je n'avais pas conscience de faire partie. Moi non plus je n'étais rien pour ces gens. Pas plus &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_47"&gt;qu'Hervé&lt;/span&gt;. Même Papy Mégot avait plus d'existence que moi. Je n'étais pas dans le coup. Les mains accrochées à la &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_48"&gt;crémone&lt;/span&gt; de la fenêtre, je me sentais devenir un fantôme. Le petit rond de buée lui-même s'effaça sur la vitre.&lt;br /&gt;  J'en frémis.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4555997750878889113-8213114975464155160?l=thomas-est-tout-seul.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/feeds/8213114975464155160/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=4555997750878889113&amp;postID=8213114975464155160' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/8213114975464155160'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/8213114975464155160'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/2008/04/thomas-jour-2.html' title='THOMAS - JOUR 2 -'/><author><name>Céline Raux</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15439151317419299267</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06175259178227871024'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4555997750878889113.post-2196844143004821121</id><published>2008-04-05T14:02:00.000-07:00</published><updated>2008-04-06T03:44:14.822-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='THOMAS - JOUR 1 -'/><title type='text'>Thomas - Jour 1</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:100%;" &gt;Mégots. Buée sur la vitre. Cigarettes pour non-fumeurs. &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Papy Mégot passa sa main dans ce qu'il croyait être des cheveux. Se rappelant qu'il était chauve, il mesura la futilité de son geste. Il marchait toujours cassé en deux, son buste parfaitement parallèle au sol quand bien même ses jambes s'y plantaient en angle droit impeccable. Il portait toujours d'indigents gilets merdeux en vieux jacquard gris sombre et ses pantalons d'avant-guerre ne cachaient que trop mal la misère de son pauvre postérieur décharné. Il cheminait les yeux rivés au sol tout en mâchonnant une chique de production imaginaire. Son allure était extraordinairement lente et régulière alors que son visage tendu et ses yeux exorbités semblaient traduire la somme d'efforts physiques insoutenables. Il était tellement lent que tout le monde le doublait tout le temps. Jamais personne pour marcher plus lentement que lui, pas même la plus vieille des petites vieilles claudicantes. A sa décharge, Papy Mégot n'utilisait pas de canne. Seuls compagnons de sa route : ses pantoufles gigantesques qui lui faisaient des pieds grands comme des péniches. Ces deux pauvres ragotons d'élastomère et de polyamide crasseux ne se laissaient jamais d'enserrer ses extrémités quatrième âge. On les entendait racler le sol à des kilomètres à la longue. La fréquence de frottement n'était pas sans rappeler la précision mécanique du métronome.&lt;br /&gt;Arrivé à la poubelle qui marquait l'angle de la rue, je le vis se plier plus encore jusqu'à s'enfoncer le visage dans l'orifice du couvercle en faux cuivre. Un instant après, ce fut sa grande main noueuse qui partit en exploration des profondeurs abyssales du creuset de nos déchets. Son bras s'agitait dans le trou du réceptacle et j'imaginais ses doigts palper les ordures une à une dans l'espoir d'y trouver son seul trésor, son seul plaisir : un mégot de cigarette auquel un peu de tabac aurait eu l'élégance de prolonger le filtre. Lorsqu'il en trouvait un en pas trop piteux état, Papy Mégot l'extrayait de la poubelle municipale avec une vigueur surprenante pour &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"  style="font-size:100%;"&gt;qu'ensuite&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; ses grands yeux fixes et sombres puissent se darder dessus avec extase. Après quoi le fortuné vieillard l'enfournait de trois quarts dans sa bouche et laissait ses lèvres plates et sèches achever le travail de décomposition de sa vieille clope.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;Gâté par la contingence de ce jour gris, Papy Mégot fut amplement récompensé de ses investigations ordurières puisqu'il dénicha un mégot avantageux qui avait su garder de sa rectitude et un peu de son tabac.&lt;br /&gt;Fort de sa nouvel acquisition, Papy Mégot disparut à l'angle de la rue en direction de la maison de retraite. Plus que des passants ordinaires à observer, plus que des gens comme les autres. Alors plus de raison de regarder par la fenêtre puisque dans ce &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"  style="font-size:100%;"&gt;domaine-ci&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; j'étais le meilleur spécimen disponible à moi-même. Je soupirai face à la vitre. Mon soupir provoqua une petite auréole de buée sur le carreau de la fenêtre. Elle s'atténua jusqu'à ne plus exister. Je restai un instant pensif et immobile car je ne savais pas quoi faire. Je me sentais désœuvré et un peu seul. Je n'avais aucune tâche urgente ou utile à accomplir et pas d'amis disponibles ou sous la main pour aller boire un verre. Je songeais à me rendre seul au pub mais cela ne faisait pas tellement mon affaire non plus.&lt;br /&gt;C'est alors que je décidais de m'allumer une cigarette.&lt;br /&gt;Sauf que je ne fume pas et qu'on me range a priori dans la catégorie des non-fumeurs. De plus, je suis asthmatique. C'est vrai, officiellement je suis non-fumeur. Mais un de ces non-fumeurs qui ne manquent pas de temps à autre d'avoir au fond de leur placard de cuisine l'un de ces petits paquets cancérigènes. Le plus paradoxal dans tout cela, c'est que je n'éprouve pas de plaisir particulier à fumer seul. Au contraire, selon toute vraisemblance, il semblerait plutôt que j'ai "la cigarette triste", de la même manière que certains ont le vin triste. C'est à dire que dès la première bouffée inhalée, une sorte de malaise inextinguible gagne ma tête en même temps que la funeste fumée goudronne mes poumons. Le geste cohérent à ce moment précis serait d'écraser la sournoise petite tige dans le fond du cendrier et de balancer le tout dans la poubelle (municipale &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"  style="font-size:100%;"&gt;ci-possible&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; auquel cas je fais un don indirect à Papy Mégot).&lt;br /&gt;Mais non.&lt;br /&gt;Je n'en fais rien.&lt;br /&gt;Je la fume jusqu'au filtre.&lt;br /&gt;Je tire dessus comme un malade.&lt;br /&gt;J'avale goulûment tout ce qui peut en sortir.&lt;br /&gt;Jusqu'à l'envie de pleurer -j'ai ensuite le goût amer de l'insatisfaction qui se propage en moi.&lt;br /&gt;Une fois de plus c'est ce qu'il se passa. Et la pièce était tout aussi enfumée que mon esprit.&lt;br /&gt;Le moment était alors propice à un bon coup d'aération. Bis &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"  style="font-size:100%;"&gt;repetita&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;, je me trouvai de nouveau devant la fenêtre à ouvrir. Je regardai à travers quelques secondes histoire de passer le temps et me sentis plein de vide.&lt;br /&gt;Rien à faire. L'ennui ne passait pas.&lt;br /&gt;J'ai pourtant agi pour tenter d'égayer ma vie. Comme on pose des rustines sur une chambre à air usée. J'ai essayé mille petites choses qui m'ont occupé et réjoui un temps. Mais le désir et la satisfaction passés, je n'éprouvais plus rien que de l'ennui.     J'avais d'abord commencé par changer d'appartement. Le changement, &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"  style="font-size:100%;"&gt;pensais-je&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; alors, devait annoncer une nouvelle ère dans mon existence. Il n'en fut rien. Il manquait quelque chose. Un je-ne-sais-quoi, un &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"  style="font-size:100%;"&gt;presque-rien&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;. Un jour je crus tenir la solution à mon problème : de la couleur. Il me manquait de la couleur. Il y avait beaucoup trop de blanc dans cet appartement. La couleur devait rehausser le tout. Ni une ni deux j'avais foncé chez &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"  style="font-size:100%;"&gt;Mr&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;. Bricolage et acheté quatre litres de rouge madras laqué. Revenu chez moi, je repeignai toute mes chaises et redonnai un éclat inattendu à un vieux miroir années trente que j'avais débarrassé du fond de la cave. J'arpentai tous les magasins de décoration et dénichai pour mon compte les sets de table assortis à mes chaises ainsi qu'une paire de bougeoirs, rouges &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"  style="font-size:100%;"&gt;eux-aussi&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;. Mon ultime coup de cœur se porta sur une guirlande lumineuse multicolore.&lt;br /&gt;Mon appartement finit par ressembler comme deux gouttes d’eau à une page de catalogue &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"  style="font-size:100%;"&gt;Ikéa&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;.&lt;br /&gt;J’étais bien avancé.&lt;br /&gt;Alors j'ouvris ma fenêtre. La fumée &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"  style="font-size:100%;"&gt;s'évacua&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; très vite mais la cigarette m'avait rendu triste. J'envisageai donc d'en fumer une deuxième en même temps que je déplorai la mort de &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"  style="font-size:100%;"&gt;Freud&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;. Je me retournai pour admirer une fois encore l'érubescence de mes belles chaises, de mon miroir années trente et de mes deux bougeoirs dans ma cuisine blanche.&lt;br /&gt;La pendule &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"  style="font-size:100%;"&gt;tiquetaquetait&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;.&lt;br /&gt;Le brouhaha de la vie me parvenait du dehors.&lt;br /&gt;Je haussai les épaules en soupirant, les poings tassés dans mes poches. Comme il me fallait occuper mon esprit pour l'empêcher de flancher dans le stupre de la morosité, je m'efforçai de formuler de saines et judicieuses pensées, grâce à quoi j'en vins naturellement à la conclusion que c'est le communisme qui dans le désir du &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"  style="font-size:100%;"&gt;Taborisme&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; détermina la réception des eschatologies johanniques et &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"  style="font-size:100%;"&gt;joachimites&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;. A cet effort intellectuel succéda un long &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"  style="font-size:100%;"&gt;pet&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; qui résonna comme jamais.&lt;br /&gt;J'étais toujours bien avancé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4555997750878889113-2196844143004821121?l=thomas-est-tout-seul.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/feeds/2196844143004821121/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=4555997750878889113&amp;postID=2196844143004821121' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/2196844143004821121'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4555997750878889113/posts/default/2196844143004821121'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-est-tout-seul.blogspot.com/2008/04/thomas-jour-1.html' title='Thomas - Jour 1'/><author><name>Céline Raux</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15439151317419299267</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='06175259178227871024'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>1</thr:total></entry></feed>